Tunisie

Flux des IDE : La Tunisie ne renforce pas son attractivité

La Tunisie a connu une augmentation des investissements directs étrangers (IDE) de 30,3 % en 2025, atteignant 3,572 milliards de dinars, dépassant l’objectif de 3,4 milliards de dinars. Les secteurs les plus attractifs pour les IDE incluent le secteur manufacturier, qui a capté 62,6 % du total, soit 2,194 milliards de dinars.

Dans un contexte économique mondial de plus en plus complexe, la Tunisie a réussi à s’affirmer comme une destination stable et dynamique pour les investisseurs.

L’année 2026 s’annonce comme cruciale pour les investissements directs étrangers (IDE) en Tunisie, avec un objectif de doubler leur montant pour atteindre 4 milliards de dinars (1,29 milliard USD) cette année.

La Presse —La Tunisie bénéficie d’une dynamique positive, résultat d’efforts soutenus menés depuis plusieurs années. Le pays s’emploie à promouvoir sa destination auprès des investisseurs étrangers par le biais de roadshows et de rencontres avec des investisseurs internationaux dans divers secteurs tels que l’industrie, les énergies renouvelables, le tourisme, le transport et la logistique, et le numérique, soulignant sa transition vers une économie axée sur l’innovation et la durabilité. Ce travail de promotion s’adresse également aux entreprises tunisiennes, afin de démontrer l’intérêt d’investir dans le pays.

Secteurs les plus attractifs

La Tunisie s’efforce de créer un environnement favorable aux investissements étrangers, en ciblant des secteurs stratégiques tout en s’assurant que ces investissements contribuent durablement au développement économique et social. L’objectif pour cette année est de poursuivre cette dynamique positive en matière d’IDE.

Les initiatives prises ces dernières années pour attirer les investisseurs étrangers laissent augurer un avenir prometteur pour les IDE. Les perspectives pour 2026 sont particulièrement encourageantes grâce aux nombreux projets d’envergure déjà signés et en cours de réalisation.

Le gouvernement adopte une approche sectorielle ciblée, notamment dans les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique, du numérique, de la pharmacie et de l’agroalimentaire, avec l’ambition d’augmenter le taux d’intégration locale du secteur automobile de 40 % à 55 %, permettant ainsi à la Tunisie de devenir un véritable centre de fabrication de composants complexes plutôt qu’un simple site d’assemblage.

Cette stratégie repose sur l’attraction d’entreprises capables de créer des chaînes d’importation locales intégrées, renforçant ainsi la capacité de la Tunisie à s’insérer dans les réseaux mondiaux d’intégration industrielle.

Stratégie promotionnelle globale

Il est important de rappeler que la Tunisie a lancé l’implémentation d’une stratégie promotionnelle globale visant à doubler les flux d’IDE pour atteindre 4 milliards de dinars, en se basant sur les résultats de 2025, qui ont enregistré une augmentation des IDE de 30,1 %, selon les données du ministère de l’Économie et de la Planification.

Cette année, une matrice de ciblage pays/secteur sera adoptée, se fondant sur une approche sectorielle précise orientée vers les activités à forte valeur ajoutée, avec le secteur automobile en haut de la liste des priorités gouvernementales.

La carte nationale de l’investissement sera officiellement lancée en 2026, visant à dynamiser la décentralisation économique en mettant en avant les atouts de chaque région et district, à travers la mise en relation des ressources naturelles et humaines, les spécificités culturelles, la localisation géographique, et les opportunités d’investissement disponibles.

Cette carte permettra à l’État de diriger les investissements étrangers vers des secteurs prometteurs dans les régions intérieures, comme l’agriculture avancée, le tourisme alternatif et les industries manufacturières.

De plus, l’État s’efforcera de « construire une marque économique intégrée qui valorise la Tunisie comme une destination d’innovation et non seulement pour une main-d’œuvre moins chère. »

Cette initiative sera promue via des plateformes numériques unifiées sous le slogan « Invest in Tunisia », ou « investir en Tunisie », visant à harmoniser le discours diplomatique et économique devant les cercles financiers et commerciaux internationaux.

Cette stratégie a pour but d’augmenter non seulement les flux financiers, mais aussi de faire de l’investissement étranger un véritable moteur de développement global et d’intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

L’amélioration de l’investissement local est nécessaire

Les investissements directs étrangers (IDE) en Tunisie ont connu une hausse de 30,3 % en 2025, atteignant 3,572 milliards de dinars contre 2,742 milliards de dinars en 2024, dépassant ainsi l’objectif annuel de 3,4 milliards de dinars.

Le secteur manufacturier demeure le principal générateur de capitaux, attirant 62,6 % des IDE, soit 2,194 milliards de dinars, suivi par le secteur des services (657,9 millions de dinars), l’énergie (570,8 millions de dinars) et l’agriculture (83,7 millions de dinars).

L’attractivité des IDE se concentre sur les zones côtières. Le deuxième district, rassemblant les gouvernorats de Tunis, l’Ariana, Ben Arous, Zaghouan, la Manouba et Nabeul, capte à lui seul 64 % des flux hors énergie (1,8783 milliard de dinars).

La France est le premier investisseur en Tunisie avec des flux s’élevant à 899,8 millions de dinars et la création de 4,354 emplois, suivie par l’Allemagne (391,3 millions de dinars), l’Italie (334,7 millions de dinars), les Pays-Bas (191,2 millions de dinars) et les États-Unis (137,9 millions de dinars). Par ailleurs, les entreprises étrangères ou à participation étrangère continuent de créer des emplois.

Les IDE génèrent en effet 13.000 emplois par an, atteignant parfois 15.000, particulièrement pour les entreprises en expansion. Il est donc impératif d’accélérer le plan de réformes structurelles dans plusieurs secteurs stratégiques pour augmenter les IDE, tout en favorisant également l’investissement public, en particulier dans les infrastructures, ainsi que l’investissement privé.

Un saut qualitatif en matière d’investissement local est nécessaire, car les entreprises tunisiennes représentent un atout pour leurs homologues étrangères, leur permettant d’accéder à de nouveaux marchés.

Il est aussi crucial d’internationaliser les entreprises tunisiennes et de faciliter leur implantation à l’étranger.

Les effets à court, moyen et long terme pourraient être significatifs pour l’économie nationale et le développement local grâce à la création d’emplois directs et indirects dans les différentes régions.