Tunisie

Fahrenheit 451 : le livre posthume d’Abdelwahab Meddeb à la librairie

A la mort d’Abdelwahab Meddeb, soixante-dix-neuf carnets de notes et de voyages ont été retrouvés, et sa famille a constitué le livre posthume « Vers l’Orient » à partir de ces carnets. La librairie Fahrenheit 451 à Carthage Dermech organise une rencontre littéraire avec Amina Meddeb le 10 janvier à 17h00 autour de ce livre.

« À la mort d’Abdelwahab Meddeb, nous avons découvert soixante-dix-neuf carnets de notes et de voyages. Nous avons choisi de retracer son parcours depuis Tanger jusqu’à Kyoto, de l’Occident musulman à l’Extrême-Orient, en passant par l’Espagne, l’Italie, la Tunisie, Sarajevo, Alexandrie, Jérusalem, sans omettre Le Caire, l’une de ses villes de prédilection.

Abdelwahab écrivait partout et ne s’aventurait jamais sans un cahier, mêlant avec aisance promenade et écriture ».

La Presse — La librairie Fahrenheit 451 à Carthage Dermech organisera, le 10 janvier à 17h00, une rencontre littéraire avec Amina Meddeb autour du livre posthume d’Abdelwahab Meddeb « Vers l’Orient ».

Poète, essayiste, romancier, traducteur, enseignant et producteur d’émissions radiophoniques, Abdelwahab Meddeb (1946-2014) fut un explorateur inflexible des savoirs. Sa curiosité transcendait un simple goût de l’encyclopédisme, reflétant une quête profonde de compréhension et un désir de maîtriser les domaines qu’il abordait.

Il naviguait aisément entre diverses disciplines, établissant des connexions subtiles, parfois déconcertantes, entre soufisme et architecture, philosophie et poésie, roman et peinture.

Porté par une passion inextinguible pour l’écriture, Meddeb était constamment à la recherche de lettres et de signes, parcourant sans relâche l’immense territoire du langage.

Constitué à partir des 79 carnets de voyages retrouvés et transcrits par sa famille après sa disparition en 2014, « Vers l’Orient » se présente comme une véritable œuvre littéraire.

Du Maroc au Japon, en passant par l’Espagne, l’Italie, la Tunisie, l’Égypte ou la Bosnie, ces carnets établissent un dialogue constant entre l’Orient et l’Occident. Le regard du voyageur se multiplie, attentif aux résonances secrètes entre les cultures.

« Vers l’Orient » prolonge un appel constant à la reconnaissance, par l’Europe, de son héritage arabo-musulman. Meddeb y plaide pour une relecture attentive des grandes figures du soufisme et de la poésie mystique, comme Ibn Arabi et El Hallaj, tout en défendant l’idée d’une libre circulation du Coran à l’échelle mondiale, indépendante du politique. Une telle circulation nécessite, selon lui, une réforme de l’interprétation, condition essentielle pour surmonter les fractures contemporaines entre les mondes.

« À la mort d’Abdelwahab Meddeb, nous avons découvert soixante-dix-neuf carnets de notes et de voyages. Nous avons choisi de retracer son parcours depuis Tanger jusqu’à Kyoto, de l’Occident musulman à l’Extrême-Orient, en passant par l’Espagne, l’Italie, la Tunisie, Sarajevo, Alexandrie, Jérusalem, sans omettre Le Caire, l’une de ses villes de prédilection. Abdelwahab écrivait partout et ne s’aventurait jamais sans un cahier, mêlant avec aisance promenade et écriture.

Les manuscrits, d’une graphie minutieuse et appliquée, alternant entre l’arabe et le français, richement agrémentés de croquis architecturaux, de dessins de paysages et de fleurs séchées, témoignent de son émerveillement face aux lieux visités. Avec lui, l’histoire et l’érudition prennent vie. Le mouvement du corps accompagne celui de l’esprit, dans une marche contemplative qui entraîne le lecteur », notent Amina et Hind Meddeb.

Modérée par Dorsaf Nahdi, universitaire et spécialiste de l’œuvre d’Abdelwahab Meddeb, la rencontre sera suivie de lectures d’extraits de l’ouvrage, assurées par Slim Dhib et Sabrine Ghannoudi.