Est-ce qu’on t’avait déjà dit combien on t’aimait ?

Dans quelques heures, 12 coups annonceront l’arrivée de son altesse la nouvelle année, elle marchera d’un pas certain et vaniteux vers la porte de minuit, et elle va se demander, alors, que m’a laissé 2018 et par quoi je vais commencer ? La pauvre nouvelle année, elle ne sait pas qu’elle ne va rien changer. Satan ne deviendra pas une fée… Les ignobles continueront à manigancer et les honnêtes à lutter… Les artistes continueront à créer la beauté, les émotions, les formes et les couleurs, et les nuls se contenteront de plagier… Les patriotes continueront à résister et les rats qui nous sont sortis des égouts à détruire le pays, à le fracasser… Les fous continueront à faire la guerre et les sages à chanter la paix… Les exilés chercheront un refuge et ceux qui ont une patrie, même injuste, même épuisée, l’enlaceront matin et soir en lui criant, oh mon Dieu combien on peut t’aimer. Une nouvelle année ne va pas changer les minables, les malades, les vaux rien, les cons, les bêtes, les méchants, les vendus, les opportunistes, les traitres et les hypocrites, ils continueront à être infectes, infâmes, pervers et affamés. Continuez à être ce que vous êtes, vous nous donnez la force pour nous relever, marcher, courir, chercher les étoiles, embrasser l’arc en ciel, rêver l’inaccessible et aimer l’impossible.
Bonne et merveilleuse année, pleine de bonne santé, de travail, d’amour, d’espoir et de paix. Tendres pensées à celles et ceux qui nous ont quittés.
Enfin à toi mère Patrie, tes enfants épris de ta beauté seront toujours là pour te protéger et te chérir. En cette nouvelle année, elles, ils continueront à te donner ce qu’ils ont de plus précieux. Tous les matins ils t’enlaceront, et le soir avant de dormir, ils te diront : Est-ce qu’on t’avait déjà dit combien on t’aimait ?

Leïla Toubel