Tunisie

Erminio : le système dépressionnaire qui n’impacte pas la météo.

Hamdi Hachad a indiqué, mercredi, que les conditions météorologiques actuelles en Tunisie ne relèvent pas d’un simple trouble passager, mais d’un système dynamique complexe lié à une dépression atmosphérique baptisée « Erminio ». Selon lui, le taux de remplissage des barrages a atteint 58 %, un niveau jugé encourageant par rapport aux années précédentes.


L’expert en climat et ingénieur environnemental Hamdi Hachad a annoncé, mercredi, que les conditions météorologiques actuelles en Tunisie ne sont pas simplement un trouble passager, mais plutôt un système dynamique complexe associé à une dépression atmosphérique nommée « Erminio » par l’agence météorologique britannique.

Lors d’une intervention sur Jawhara FM, il a expliqué que cette dépression, qui se trouve au sud de l’Italie, a entraîné l’arrivée de masses d’air très froides vers les eaux relativement chaudes de la Méditerranée. Ce phénomène a facilité la formation de nuages cumuliformes épais, responsables de fortes précipitations, parfois sous forme de neige.

D’après lui, cet épisode météorologique a été caractérisé par de fortes pluies, des chutes de neige, une activité orageuse soutenue ainsi que des vents violents ayant provoqué la chute d’arbres et de structures dans plusieurs régions, notamment à La Marsa et Khereddine Pacha.

Hamdi Hachad a noté que l’apparition de neige à la fin mars et début avril est un phénomène rare en Tunisie, la dernière occurrence similaire à Tunis remontant au 1er mars 1999.

Il a également précisé que ces perturbations météorologiques, bien que non saisonnières, s’inscrivent dans une phase normale de transition entre l’hiver et le printemps. La Tunisie a d’ailleurs connu des situations similaires au cours des dernières années, a-t-il rappelé.

Sur le plan environnemental, les récentes précipitations représentent, selon lui, une véritable bouffée d’oxygène pour les écosystèmes tunisiens, gravement touchés par sept années consécutives de sécheresse. Les zones humides, comme les sebkhas, ont joué un rôle crucial en absorbant d’importantes quantités d’eau, réduisant ainsi les risques d’inondation. Des sites tels que le lac Ichkeul et plusieurs sebkhas ont également retrouvé un certain équilibre écologique.

En ce qui concerne les ressources hydriques, l’expert a révélé que le taux de remplissage des barrages a atteint 58 %, un niveau jugé encourageant par rapport aux années antérieures. Cette amélioration laisse entrevoir un été moins contraignant sur le plan hydrique. Il a également précisé que les précipitations ont aidé à réduire la surexploitation des nappes phréatiques observée durant les années de sécheresse.