Entreprises tunisiennes : La stratégie actuelle influencée par la géopolitique
La géopolitique conditionne désormais l’investissement, l’accès aux marchés et la continuité des chaînes de valeur. Selon Mehdi Taje, directeur de « Global Prospect Intelligence », « longtemps perçue comme un sujet lointain, la géopolitique est aujourd’hui directement intégrée dans le compte de résultat des entreprises ».
La géopolitique s’immisce désormais au cœur des entreprises tunisiennes. Pour les dirigeants, elle n’est plus une abstraction, mais une réalité concrète : les tarifs douaniers, les sanctions, les crises régionales ou les modifications réglementaires peuvent réduire les marges, fermer des marchés ou paralyser des chaînes logistiques en un temps record. Mehdi Taje, directeur de « Global Prospect Intelligence » et expert en prospective stratégique, affirme : « Intégrer la géopolitique à la stratégie n’est plus une option, c’est un impératif pour sécuriser les investissements, anticiper les risques et rester compétitif sur les marchés internationaux ».
Longtemps considéré comme un enjeu distant, la géopolitique est aujourd’hui une réalité tangible pour les dirigeants d’entreprise. Mehdi Taje souligne que ce sujet, autrefois lointain, est désormais intégré directement dans le compte de résultat des entreprises.
Des contraintes qui méritent attention. Selon ses propos, un tarif douanier peut annihiler une marge annuelle, une sanction internationale peut fermer un marché sur-le-champ, une crise régionale peut immobiliser une chaîne logistique en 48 heures, et un changement de norme environnementale ou sanitaire peut rendre un produit non exportable. Le « World Economic Forum » confirme que la géopolitique influence désormais l’investissement, l’accès aux marchés et la continuité des chaînes de valeur. Pour une entreprise tunisienne dépendante des échanges extérieurs, l’exposition est maximale et les marges d’erreur quasi inexistantes.
Négliger la géopolitique ne signifie pas rester neutre, mais plutôt devenir vulnérable. Ne pas anticiper les tensions régionales, les modifications réglementaires ou les chocs de marché peut s’avérer coûteux, voire compromettre la rentabilité de projets stratégiques. À l’inverse, inclure la géopolitique dans la stratégie peut sécuriser les investissements, anticiper les normes, renforcer la résilience opérationnelle et réduire le coût du capital, car les investisseurs valorisent désormais les entreprises capables de gérer les risques stratégiques et de prouver leur maîtrise des environnements complexes.
Vers une culture d’anticipation stratégique. Mehdi Taje insiste sur l’importance de la prospective et de la veille géopolitique : elles permettent d’élaborer des scénarios, de cartographier les dépendances critiques concernant les fournisseurs, les clients, les infrastructures logistiques ou les zones sensibles, et de préparer des réponses rapides en cas de crise. Un dirigeant tunisien rappelle : « La géopolitique doit entrer dans le comité stratégique, pas rester à la télévision ! ». Les grandes entreprises et groupes internationaux ont déjà mis en place des cellules de veille stratégique ou nommé des Chief Geopolitical Officers pour transformer l’information en décisions opérationnelles et protéger leur compétitivité.
Au niveau national, il souligne l’urgence d’établir une capacité d’anticipation stratégique transversale, qui puisse éclairer les décisions économiques, sécuritaires et sociales. La compétitivité future des entreprises ne dépend plus uniquement du coût de production ou du prix, mais de leur capacité à comprendre les rapports de force, anticiper les ruptures et transformer les bouleversements géopolitiques et géoéconomiques en avantages stratégiques.
En résumé, selon Mehdi Taje : celui qui comprend décide, celui qui anticipe avance, celui qui ignore subit. Pour l’entreprise tunisienne, la géopolitique représente un levier de résilience et de création de valeur dans un monde instable et compétitif. Dans ce sens, le coût de l’anticipation reste toujours inférieur à celui de l’erreur, parfois de plusieurs millions d’euros.

