En prévision du Ramadan 2026 : actions pour réguler le marché
A quelques jours du mois sacré de Ramadan, l’exécutif a engagé une mobilisation globale et anticipée afin d’assurer la disponibilité des produits alimentaires de large consommation. Selon les données du ministère du Commerce, la disponibilité des produits agricoles essentiels, tant en quantité qu’en diversité, est d’ores et déjà assurée.
À quelques jours du mois sacré de Ramadan, le gouvernement a initié une mobilisation générale et anticipée pour garantir l’approvisionnement des produits alimentaires de grande consommation, maintenir la stabilité du marché et protéger le pouvoir d’achat des citoyens.
Cette stratégie s’appuie sur une série de mesures préventives, des mécanismes de régulation, un suivi renforcé des circuits d’approvisionnement et de distribution, ainsi qu’une évaluation continue des prix et des dispositifs de contrôle. Elle met également l’accent sur la lutte contre la spéculation et les pratiques illicites portant atteinte aux droits des consommateurs, à leur santé ou à leur sécurité.
L’approvisionnement des marchés en produits de consommation est, à ce stade, considéré comme normal. Selon les données du ministère du Commerce, la disponibilité des produits agricoles essentiels, tant en quantités qu’en diversité, est d’ores et déjà assurée.
Les niveaux de stocks existants, la production attendue et l’offre prévue dans les semaines à venir permettent d’accompagner les besoins des consommateurs.
L’objectif affiché reste le même : satisfaire les besoins des marchés et prévenir toute pénurie, surtout pour les produits dont la demande augmente traditionnellement à l’approche et durant le mois de Ramadan.
Cependant, malgré des indicateurs jugés rassurants, la vigilance demeure nécessaire. La mobilisation de tous les acteurs économiques, des institutions concernées et des organismes de contrôle doit être accentuée.
Les services de contrôle doivent intensifier leurs interventions et veiller au respect strict des dispositions légales sur les prix, la concurrence et la protection des consommateurs.
Dans un contexte marqué par des pics saisonniers de consommation durant le mois de Ramadan, le ministère du Commerce a dernièrement fixé les marges bénéficiaires sur certains produits alimentaires.
Trois arrêtés ont donc été adressés aux professionnels, conformément à la loi n°36-2015 du 15 septembre 2015 sur l’organisation de la concurrence et des prix.
Daté du 21 janvier 2026, le premier arrêté fixe les marges bénéficiaires brutes de vente au détail des fruits et légumes, établies à 15 % pour les grandes surfaces et à 25 % pour les autres commerçants.
À noter qu’en 2025, les prix des fruits ont augmenté de 16 %, tandis que ceux des légumes ont progressé de 14 %.
Le deuxième arrêté concerne les produits de la filière avicole. Les marges bénéficiaires brutes au détail du poulet prêt à la consommation (PAC) sont fixées à 15 %, alors que celles de l’escalope de dinde sont plafonnées à 20 %.
En 2025, les produits de volaille ont enregistré une hausse moyenne de 5 %.
Le troisième arrêté s’applique aux produits de la pêche, avec des marges bénéficiaires brutes en vente au détail fixées à 25 %. Cet arrêté entrera en vigueur à compter du 5 février 2026.
Ces mesures devraient contribuer à contenir la hausse des prix des produits alimentaires durant la période du Ramadan.
Les préparatifs s’accélèrent pour garantir un approvisionnement suffisant et régulier en produits de consommation courante. Les directeurs régionaux du Commerce et du Développement des exportations confirment que tous les produits de base — légumes, fruits, viandes blanches et rouges, œufs, lait et dérivés — seront disponibles durant le mois de Ramadan 2026.
La constitution des stocks se poursuit, avec la possibilité d’importer des viandes rouges si nécessaire pour réguler le marché, à des prix tenant compte du pouvoir d’achat des consommateurs.
Le président de la Chambre nationale des commerçants de volailles, Brahim Nefzaoui, précise que le stock actuel d’œufs est estimé à 18 millions d’unités, avec un objectif de 25 millions d’œufs pour la période de Ramadan.
Concernant les viandes blanches, les réserves disponibles s’élèvent à 1.064 tonnes de poulet prêt à la consommation et près de 904 tonnes de viande de dinde.
En ce qui concerne la récente hausse des prix du poulet, le président de la Chambre indique que « l’augmentation de 200 millimes observée récemment est principalement liée à un retard dans le cycle de croissance des volailles ».
Il ajoute qu’il s’agit d’« une situation conjoncturelle dont certains fournisseurs ont profité pour revoir leurs tarifs à la hausse ».
Pour contenir les prix et prévenir toute dérive spéculative, des séances de concertation entre les différents intervenants du secteur ont été organisées pour exercer une pression à la baisse sur les prix et protéger le pouvoir d’achat des consommateurs, notamment durant le mois de Ramadan.
En décembre 2025, le marché de gros de Bir El Kassaâ a connu une flambée spectaculaire des prix des fruits, avec des hausses dépassant parfois les 100 %. Cette évolution a révélé de fortes tensions entre l’offre et la demande.
Les données de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri) montrent une situation préoccupante tant pour les consommateurs que pour les acteurs de la filière.
Cette dynamique résulte d’une combinaison de facteurs structurels et conjoncturels. D’un côté, la baisse de l’offre locale a été déterminante pour plusieurs variétés, notamment les clémentines et les citrons, dont les volumes ont chuté, accentuant la pression sur les prix.
À l’inverse, certains fruits, comme les pommes et les poires, ont vu une augmentation significative des quantités mises sur le marché, contribuant à une baisse de leurs prix, malgré une demande soutenue.
Les conditions climatiques de 2025 ont également eu un impact majeur. Les épisodes de sécheresse et les variations de température ont affecté les rendements agricoles, touchant principalement les agrumes, dont les prix ont fortement grimpé.
Cependant, l’abondance de certaines récoltes, telles que les pommes, a entraîné une correction à la baisse de leurs prix.
De plus, la hausse des coûts de transport, de stockage et de distribution a été partiellement répercutée sur les prix de vente, accentuant la hausse pour certaines variétés.
Néanmoins, cette pression sur les coûts n’a pas suffi à compenser l’excédent d’offre, qui a continué de faire chuter les prix de plusieurs fruits.
La forte augmentation des prix des agrumes — clémentines, oranges et citrons — a fragilisé le pouvoir d’achat des ménages, rendant certains fruits moins accessibles.
À l’opposé, la baisse des prix des pommes, des poires et des dattes, liée à une offre plus abondante, a partiellement atténué la pression sur les consommateurs, sans toutefois compenser la flambée des produits les plus prisés.
Au niveau macroéconomique, « l’évolution des prix des fruits contribue à un risque d’inflation alimentaire sélective. Les hausses observées sur les agrumes, produits de consommation courante, influencent directement l’indice des prix à la consommation et engendrent un effet domino sur le panier alimentaire », soulignent les professionnels du secteur.
Même si certains fruits ont vu leurs prix chuter, la perception dominante reste celle d’une flambée généralisée, renforçant les tensions inflationnistes et le mécontentement des consommateurs.
Enfin, la perception d’une hausse jugée injuste ou incontrôlée des prix, même partiellement compensée par des baisses sur certains produits, est susceptible de créer un climat de défiance envers les institutions et les acteurs économiques.
Cette évolution contrastée des prix met en lumière les fragilités structurelles du système agricole et commercial tunisien, appelant à une régulation plus efficace et à un soutien accru tant pour les producteurs que pour les consommateurs.

