En l’absence de l’homme d’Etat, Dghij devient Roi.

Les fellagas ont pendant des années combattu l’armée française les armes à la main, de montagnes en montagnes, de steppes en steppes et de désert en désert. Ils ont mis la pression sur le colonisateur français pour accélérer les négociations de l’indépendance de la Tunisie. La France, vaincue au Vietnam, enlisée dans le bourbier algérien, harcelée par les fellagas tunisiens a du concéder l’indépendance de la Tunisie.
La Tunisie indépendante, Bourguiba a tenu à ce qu’ils remettent leurs armes à l’Etat nouveau. Les fellagas ont été récompensés. Seulement certains ont voulu être partenaires dans l’exercice du pouvoir. Bourguiba était clair. Les analphabètes et ceux qui manquent d’instruction n’ont pas de place dans les sphères du pouvoir. Alors ils ont fomenté une tentative de coup d’Etat en 1962. Bourguiba était sans indulgence aucune. La peine de mort est prononcée contre Lazhar Chraïti et les autres conspirateurs, pourtant c’étaient ses amis de combat.
Aujourd’hui, à la faveur de la barouita un certain Dghij, un zoufri inculte du lumpenprolétariat de la banlieue nord de Tunis, qui s’est fait une virginité avec un hymen révolutionnaire, est reçu par le chef du gouvernement désigné pour négocier la constitution du prochain gouvernement.
Quand ce milicien salafiste descendant des chemises brunes nazies imposait ses exigences, les pédés, que les savants politiciens appellent forces du centre, se disputent, à couteaux tirés, les faveurs du gourou Rached Ghannouchi, qui va comme d’habitude les congratuler par un beau bâton démocratique là ou je pense.
Si Bourguiba était réticent à accorder plus de démocratie et de liberté à ces zazous démocrates et progressistes ainsi qu’aux aux islamistes toutes obédiences confondues, c’est par ce qu’il sait, avec son expérience et son savoir, que ces courants étaient aussi nocifs pour le pouvoir et l’Etat que les fellagas incultes. Ces zazous, et ces islamistes lui en veulent aujourd’hui parce qu’il ne leur a pas permis de nuire à l’Etat comme ils le font depuis un certain 14 janvier 2011.

Mounir Chebil