Économie mondiale : dynamiques et ruptures à suivre en 2023
L’année 2025 aura confirmé l’entrée dans une ère de « conflictualité économique » généralisée, avec des tensions touchant les domaines technologique, énergétique, et monétaire. En zone euro, le retour de l’inflation autour de l’objectif de 2 % s’est confirmé en 2025, sans que la décrue de l’inflation ne s’obtienne au prix d’une récession.

L’année 2025 marquera l’affirmation d’une ère de « conflictualité économique » à l’échelle mondiale. Les tensions ne se limitent plus uniquement aux échanges commerciaux ; elles s’étendent désormais à des domaines tels que la technologie, l’énergie et la finance. Ce sera une période mémorable de bouleversements fondamentaux dans le monde des affaires.
Entre tensions géopolitiques, ajustements monétaires et avancées technologiques, le paysage économique et financier a connu une transformation radicale.
La Presse — Le premier événement marquant de l’année est la décision radicale prise par Donald Trump : l’augmentation significative des droits de douane. Cette mesure représente un changement de paradigme historique, une situation que l’économie mondiale n’avait pas vécue depuis les années 1930. Le taux moyen « statutaire » des droits de douane aux États-Unis — calculé sur la base de l’historique des importations — a été rehaussé d’environ 14 points de pourcentage depuis le début de l’année 2025, atteignant ainsi 18 %.
Cependant, cette moyenne masque de fortes disparités : plus de 35 % sur les importations en provenance de Chine et d’Inde, un peu plus de 10 % pour les principaux pays de l’Union européenne, et moins de 5 % pour Singapour et l’Irlande. Au cours des six mois suivant l’augmentation des droits de douane américains — de mai à octobre 2025 en comparaison avec la même période en 2024 —, le volume des exportations chinoises vers les États-Unis a chuté de plus d’un quart, tandis qu’il a progressé de 14 % vers les économies émergentes d’Asie et de plus de 10 % vers l’Union européenne.
De plus, l’année 2025 a été un tournant positif pour le financement des entreprises. Sous l’influence des banques centrales, et particulièrement de la Banque Centrale Européenne (BCE), les taux d’intérêt ont commencé à diminuer de manière significative.
L’IA : de l’innovation à l’intégration massive
Le troisième événement marquant de 2025 est l’intégration définitive de l’Intelligence artificielle (IA) dans le tissu économique. Cette diffusion rapide s’est transformée en une révolution structurelle, affectant tous les secteurs d’activité. L’IA n’est plus uniquement réservée aux grands groupes technologiques. Elle est désormais adoptée par les PME et les TPE pour améliorer les processus de production, la gestion de la clientèle et l’analyse des données financières.
L’inflation stabilisée
Dans la zone euro, le retour de l’inflation autour de l’objectif de 2 % s’est avéré en 2025, sans que cette décélération de l’inflation ne s’accompagne d’une récession, contrairement aux périodes inflationnistes précédentes. Toutefois, l’inflation demeure plus persistante dans d’autres grandes économies avancées, qui visent également cet objectif de 2 %. Aux États-Unis, la hausse des prix des biens, provoquée par l’impact progressif des hausses de droits de douane, s’oppose au ralentissement des prix des services.
Au Japon, la faiblesse du yen et la pénurie de main-d’œuvre continuent de mettre une pression à la hausse sur l’inflation.
Endettement public
En 2025, les ratios d’endettement public des grandes économies sont restés à peu près constants (Allemagne, Royaume-Uni, États-Unis) ou ont augmenté (France, Italie).
L’Allemagne — juste au-dessus de 60 % du PIB — et l’Italie — près de 140 % du PIB — occupent les deux extrémités de cette hiérarchie. Le Royaume-Uni se positionne autour de 100 %, tandis que les États-Unis et la France se situent entre 115 % et 120 %.
En plus de la hausse de leur charge d’intérêts, les pays européens ont dû faire face à l’augmentation de leurs dépenses de défense (et d’infrastructures dans le cas de l’Allemagne, dans le cadre de son plan de relance).
Le dollar trébuche, l’or au sommet
Le dollar a chuté de 12 % face à l’euro, en raison des incertitudes entourant la politique de Donald Trump aux États-Unis. Il en a également souffert parce que « de plus en plus de banques centrales cherchent à réduire leurs réserves en dollar, considéré comme un instrument de puissance américaine », souligne Vincent Juvyns, stratégiste. La monnaie d’échange internationale est perçue « comme un actif risqué ». L’or, valeur refuge ultime, a tiré parti de cette situation, atteignant un nouveau sommet à 4.383,76 dollars l’once en décembre et ayant augmenté d’environ 60 % depuis le début de l’année 2025.
Croissance atone
Les projections mondiales des dernières Perspectives de l’économie mondiale (PEM) ont indiqué que la croissance mondiale devrait ralentir, passant de 3,3 % en 2024 à 3,2 % en 2025, puis à 3,1 % en 2026, avec un taux d’environ 1,5 % dans les pays avancés et un peu au-dessus de 4 % dans les pays émergents et en développement.
Ce ralentissement de la croissance mondiale est attribué à une forte augmentation des barrières commerciales et à une incertitude politique croissante due aux politiques économiques mondiales. La croissance pourrait être plus faible que prévu en cas d’escalade des restrictions commerciales ou de la persistance de l’incertitude liée aux politiques économiques mondiales.

