Du jamais vu !! La Tunisie a subi huit dégradations en 10 ans

L’agence de notation Moody’s a annoncé mardi avoir dégradé la note souveraine de la Tunisie à B3, assortie de la perspective négative.

La dégradation à B3 assortie de la perspective négative a été justifiée par l’agence de notation par la situation de la Tunisie politiquement et économiquement.

Jusqu’au 7 octobre dernier, La Tunisie avait la notation d’émetteur « B2 » avec les perspectives négatives.

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Circulez il n’y a plus rien à voir .

Et dire qu’au mois de septembre 2010 alors que le pays était noté Baa2 soit l’équivalent de BBB au niveau des autres agences de notations ,nous étions en discussion avec cette même agence pour mettre la Tunisie en «out look positif » en perspective d’un passage vers la note Baa1 soit l’équivalent de BBB plus pour les autres agences .

Huit dégradations en 10 ans sans la moindre réaction des autorités sinon cette bourde commise en 2013 si mes souvenirs sont encore intacts ,de supprimer S & P de la liste des agences qui notent la Tunisie ,une suppression qui a été mal appréciée par les marchés financiers internationaux qui l’ont interprété comme un manque de transparence et l’absence de volonté des autorités de mener les réformes prônées par S & P .

Aujourd’hui nous en sommes loin ,très loin puisque c’est le travail de pas moins 25 ans qui qui est parti en fumée

Taoufik Baccar , ancien ministre des finances et ancien gouverneur de la BCT.

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L’agence de notation Moody’s abaisse ce jour la notation souveraine de la Tunisie de B2 à B3, tant pour la dette en devises qu’en dinars mais aussi pour celles de la Banque Centrale de Tunisie.
Le communiqué est long et l’argumentaire détaillé.

Ce qu’il faut en retenir:

1. La Tunisie passe depuis plusieurs années par une situation de crise économique et financière sans arriver à engager les réformes nécessaires
2. La situation politique avec la fragmentation du parlement et la discorde au plus haut niveau de l’État entraîne une faible gouvernance et l’incapacité à engager les réformes
3. L’absence d’un dialogue avec les parties prenantes et la société civile ne favorise pas l’adoption et la mise en œuvre d’un plan de redressement des finances publiques et des comptes extérieurs du pays
4. L’état délabré des finances publiques ne permet pas d’accompagner les réformes douloureuses à venir d’un soutien effectif aux catégories pauvres et vulnérables de la population
5. L’adoption des réformes nécessaires se heurte à des intérêts sociaux et catégoriels puissants et à des contestations préalables permanentes
6. Le retard pris dans la négociation d’un accord avec le FMI complique la capacité de l’État à couvrir ses besoins de financement bruts
7. La dette publique atteint des niveaux élevés. Augmentée des garanties accordées aux entreprises publiques, elle risque d’être insoutenable
8. La part en devises de la dette publique augmente d’année en année atteignant des niveaux non soutenables
9. Le non engagement des réformes risque de mettre en cause la soutenabilité de la dette extérieure du pays

La plus mauvaise nouvelle dans tout cela c’est probablement la perspective négative dont est assortie la notation. En clair cela veut dire, que sauf miracle, la notation est appelée, à court terme, à connaître une nouvelle dégradation.

À BON ENTENDEUR, SALUT…

Meddeb Radhi