Tunisie

Douceur appréciée durant Ramadan : Zoom sur le Bambalouni tunisien

Les visiteurs de Sidi Boussaïd décriraient sans doute l’odeur suave du Bambalouni parmi d’autres senteurs emblématiques. En 2026, le bambalouni tunisien a été classé parmi les 20 meilleurs desserts au monde selon le guide gastronomique TasteAtlas.


Si les visiteurs de Sidi Boussaïd devaient évoquer les senteurs qui les ont le plus marqués, ils mentionneraient sans doute l’odeur marine et légèrement iodée, celle du jasmin indolent, la fraîcheur du thé à la menthe, mais surtout, l’odeur douce du Bambalouni.

Que l’on flâne dans les ruelles pavées de Sidi Boussaïd ou que l’on soit spécialement venu en quête d’une douceur, le bambalouni ne peut passer inaperçu.

Cet adoré beignet chaud et doré, emblème gourmand du célèbre village bleu et blanc, est bien plus qu’une simple friandise ! Le bambalouni tunisien incarne une part de notre identité.

C’est un morceau de notre histoire… Une histoire qui se savoure. Élaboré en tant que beignet sucré emblématique de la Tunisie et particulièrement associé au village pittoresque de Sidi Boussaïd, le Bambalouni est une figure centrale du patrimoine culinaire tunisien.

Son origine résulte d’un métissage culturel entre les traditions locales et les influences européennes.

### Le carrefour de la rencontre entre l’Italie et la Tunisie

On pourrait facilement le conjecturer, de par son nom, le bambalouni révèle des origines voyageuses. Tiré du mot toscan « bombolone » qui signifie beignet rond frit et sucré, cette douceur a été introduite en Tunisie par la communauté juive italienne connue sous le nom de « Grana », venue de la ville de Livourne.

Cependant, bien que les Livournais aient apporté leur recette de beignet italien en Tunisie, c’est bien entre les mains des artisans tunisiens qu’il a trouvé sa forme finale, celle qui nous est propre.

En combinant la recette italienne du beignet avec le savoir-faire local de la Ftira traditionnelle, les pâtissiers tunisiens ont créé ce grand anneau généreux, irrégulier et bien plus léger, aérien et explosif que son homologue européen.

### Une explosion des sens

La dégustation d’un bambalouni invite à expérimenter tout un rituel : celui de sa préparation. Dans les petites échoppes de ce village pittoresque, le maître beignetier travaille la pâte avec une agilité remarquable, maniant avec précision un simple mélange légèrement salé de farine et d’eau « levurée ».

Une fois la pâte entre ses mains, il la manipule d’un geste vif, la façonne en un cercle et la plonge dans l’huile bouillante.

Il faut avoir un œil avisé pour exécuter ces gestes avec tant d’habileté. L’artisan réalise alors un spectacle où un beignet croustillant à l’extérieur et incroyablement moelleux à l’intérieur est délicatement retiré de son bain d’huile brûlante, saupoudré généreusement de sucre ou, pour les plus gourmands, arrosé de miel avant d’être présenté tel un précieux bijou.

Témoin de son excellence, le bambalouni tunisien a été mis à l’honneur sur la scène internationale en 2026, se classant parmi les 20 meilleurs desserts au monde selon le célèbre guide gastronomique TasteAtlas.