Tunisie

Dhirar Kefi : Un artiste en ascension, de la guitare au chant

Dhirar Kefi a présenté son projet de musique instrumentale « Hadra » aux Journées musicales de Carthage en 2023 avec Radhi Chawali et Hatem Frikha. Le 8 février dernier, il a monté sur scène en tant que chanteur dans le spectacle « Chante la vie Chante », reprenant des tubes de la chanson française.

Les talents musicaux de Dhirar Kefi ne cessent de s’affirmer, et son entrée dans cet univers est remarquablement originale.

La Presse — Après avoir fait ses preuves en tant que guitariste, Dhirar Kefi s’est engagé dans la composition et se lance actuellement un nouveau défi en se rapprochant du chant. Récemment, un large public l’a applaudi lors du spectacle « Chante la vie Chante », où il a partagé la scène avec Aida Niati et Rafik Gharbi, pianiste, compositeur, chanteur et directeur artistique du projet.

Bien que les talents musicaux de Dhirar Kefi soient en pleine expansion, son entrée dans cet univers est des plus singulières. Son histoire débute avec une guitare sans corde qu’il a trouvée dans la rue pendant son enfance. « Je l’ai accrochée dans ma chambre, j’ai passé un bon moment à la contempler et à l’admirer, puis j’ai ressenti un besoin impérieux de m’en procurer une véritable et d’apprendre à en jouer », a-t-il partagé.

De cette curiosité est née une passion qui s’est transformée en vocation. L’artiste a appris à jouer de la guitare de manière autodidacte, s’entourant de musiciens partageant son enthousiasme. « J’avais toujours ma guitare avec moi, comme une seconde ombre. Je jouais partout, à chaque occasion, et nous ne nous sommes jamais quittés. »

À seulement 19 ans, Dhirar Kefi et ses amis ont fondé un groupe nommé Jack Band pour se produire sur de petites scènes. Sa détermination et ses expériences l’ont ensuite conduit à collaborer avec des artistes de renom, tant en Tunisie qu’à l’étranger. Il a fait partie de la Troupe nationale tunisienne.

Il a également accompagné la légende de la musique turque, Hüsnü Şenlendrici, ainsi que des artistes tels qu’Adam, Zied Borji, Pascal Mechaalani, Faya Younane, ainsi que des étoiles tunisiennes comme Zied Gharsa, Lotfi Bouchnak et Latifa Arfaoui. Il s’est produit dans des concerts mémorables en Tunisie, en France, au Canada, au Moyen-Orient et ailleurs. Parmi les projets artistiques récents auxquels il a participé figurent « Ziara » de Sami Lejmi, « Raggouj » d’Abdelhamid Bouchnak et « Hier encore » de Rafik Gharbi.

Comment réussit-il à évoluer dans des styles musicaux aussi variés, allant du folklorique aux musiques du monde ? « C’est parce que la guitare est un instrument polyvalent », répond-il. « Je suis curieux d’explorer des styles différents et d’expérimenter de nouvelles choses. De plus, les réarrangements apportent une nouvelle perspective, un mélange qui introduit une touche occidentale. »

De sa pratique en groupe, Dhirar Kefi s’est dirigé vers des défis plus personnels, se lançant dans la composition. Il décrit sa musique comme étant « nourrie de métissages sonores et d’une quête d’authenticité, profondément ancrée et résolument ouverte. »

Il a composé des bandes originales pour des courts métrages et des pièces de théâtre. En 2023, il a présenté son propre projet de musique instrumentale « Hadra » aux Journées musicales de Carthage, en collaboration avec Radhi Chawali et Hatem Frikha. L’année suivante, il a participé au Festival de la Chanson tunisienne avec « Allegra », qui a été salué par le public et les critiques pour son originalité. « C’est un air baroque retravaillé pour refléter mon style », précise-t-il. D’autres compositions sont à venir.

Plus ambitieux que jamais, le jeune artiste a renoué avec une passion ancienne, qu’il avait mise de côté pendant des années. Il s’est produit en tant que chanteur, avec sa guitare à la main, le 8 février dernier dans le spectacle « Chante la vie Chante ». Le programme mettait en avant des chansons françaises intemporelles et des extraits du prochain album « Alchimie » de Rafik Gharbi.

Le public du Théâtre municipal de Tunis a été captivé par la performance de Dhirar Kefi. Il a interprété des classiques de la chanson française, réinjectant une énergie moderne dans certains morceaux, tels que « Comme d’habitude » de Claude François ou « Vous les femmes » de Julio Iglesias. Ses duos avec Aida Niati, principalement connue pour sa musique lyrique, ont offert un mélange harmonieux de deux belles voix qui se complètent parfaitement.

Comment a-t-il vécu cette nouvelle expérience où il était non seulement musicien mais également en tête d’affiche du concert ? « Un musicien est la pierre angulaire d’un projet musical », explique-t-il. « Ce qui est nouveau, c’est le statut de chanteur, la « façade » d’un projet musical. Avoir plus de projecteurs braqués sur moi entraîne une plus grande responsabilité. Je n’ai pas le droit à l’erreur et je dois constamment me surpasser. »

Après ce spectacle couronné de succès, il est clair que la voix de Dhirar Kefi lui ouvre la voie vers une nouvelle étape cruciale de son parcours. Son nom circule désormais au-delà de son cercle habituel. De plus, il se produira bientôt dans un nouveau projet où il chantera en arabe. Il estime qu’un artiste doit être polyvalent pour répondre à un public plus large et exigeant. Parallèlement, il doit rester à jour et respecter toutes les tendances. Les dates de ces spectacles seront bientôt annoncées. Nous y reviendrons.