Tunisie

De l’assistance sociale à l’Intelligence Artificielle : solidarité tunisienne en France évolue.

Mohamed Ben Khaled, président de la section Aquitaine de l’Association des Tunisiens en France (ATF), a rappelé que l’ATF, fondée en 1984, est l’une des organisations les plus anciennes de l’Hexagone. Il a également mentionné qu’une rencontre majeure est prévue pour le 11 avril 2026, associant des universitaires et visant la création d’applications numériques innovantes destinées à moderniser le secteur de la santé en Tunisie.


Lors de son intervention sur les ondes de la radio nationale, Mohamed Ben Khaled, président de la section Aquitaine de l’Association des Tunisiens en France (ATF), évoque plus de quarante ans d’action associative. Il aborde l’aide à la régularisation, la médiation sociale et la mobilisation de l’élite scientifique de la diaspora, dessinant le profil d’une structure qui rejette l’assistanat au profit d’un accompagnement digne et tourné vers l’avenir.

Le responsable associatif souligne que l’ATF dispose d’un réseau national, mais précise qu’il dirige spécifiquement la branche de l’Aquitaine, région aux vastes étendues géographiques. Fondée en 1984, l’ATF est l’une des plus anciennes organisations en France. Mohamed Ben Khaled mentionne qu’en 1997, une évolution stratégique a conduit à la création d’une structure sœur, l’Association du lien Interculturel Familial et Social (ALIFS). Cette structure, créée pour s’adapter aux évolutions des politiques de subventions françaises, agit aujourd’hui comme un opérateur juridique et culturel de premier plan à Bordeaux. L’ALIFS emploie 42 salariés spécialisés dans le droit des étrangers pour toutes les nationalités, tandis que la section Aquitaine de l’ATF conserve sa spécificité en se consacrant uniquement aux ressortissants tunisiens.

Le président de l’association décrit les services journaliers disponibles, tels que des consultations juridiques sur les lois de l’immigration et le droit du travail. Il note une forte demande parmi les personnes dont la situation administrative n’est pas régularisée. À ce sujet, il lance un message de prévention aux jeunes Tunisiens : bien que l’Europe ait besoin de main-d’œuvre, l’expatriation sans diplôme ni métier représente un parcours difficile. Il recommande vivement d’acquérir une qualification technique, en citant des métiers tels que plombier, électricien, marin-pêcheur ou ouvrier du bâtiment, comme des gages de réussite et de régularisation plus rapide.

Sur le plan social, l’association collabore étroitement avec l’Office des Tunisiens à l’Étranger (OTE) et son responsable à Bordeaux, Abdelaziz Sebai. Cette coopération facilite le traitement de dossiers complexes, tels que des litiges avec des propriétaires immobiliers, des conflits familiaux ou des querelles de succession. Le responsable associatif insiste sur le fait que ces médiations sont entièrement gratuites, organisées deux fois par mois dans les locaux de l’OTE.

Observateur de l’immigration depuis 45 ans, Mohamed Ben Khaled souligne la transformation radicale du profil des Tunisiens vivant en France. Il note l’émergence d’une nouvelle génération de médecins, d’ingénieurs et de cadres dont les besoins diffèrent de ceux des vagues précédentes. Pour répondre à cette évolution, l’association a structuré des pôles de réflexion, notamment un pôle dédié à l’intelligence artificielle sous la direction du Professeur Mohamed Mesbah. Ce groupe se réunit régulièrement en visioconférence pour réfléchir à la manière de mettre leurs compétences au service de leur pays d’origine.

Il annonce également une rencontre importante prévue pour le 11 avril 2026, impliquant des universitaires tels que le Pr Mohamed Hédi Bedoui de la Faculté de médecine de Monastir et le doctorant Aymen Chaouch. Ce projet a pour objectif de créer des applications numériques innovantes destinées à moderniser le secteur de la santé en Tunisie, illustrant une volonté de « rendre au pays » l’éducation reçue.

Le responsable associatif évoque également des actions significatives de l’organisation, comme la prise en charge en 2012 de dix blessés de la Révolution. Ces derniers ont été transférés à Bordeaux pour des interventions chirurgicales lourdes et l’installation de prothèses, financées par l’association en partenariat avec des médecins locaux. Mohamed Ben Khaled précise que ces interventions sont perçues comme des « cadeaux » fraternels plutôt que comme des aides, une nuance importante pour préserver la dignité des bénéficiaires.

Enfin, l’avenir de la nouvelle génération figure parmi les priorités avec le lancement de projets de colonies de vacances. En collaboration avec l’Association Tunisienne pour le Développement Humain et la Formation, l’ATF Aquitaine prévoit d’organiser des camps d’été en Tunisie et des échanges en France dès les vacances d’automne 2026. Malgré plus de quatre décennies passées en France, Mohamed Ben Khaled affirme que son engagement demeure connecté à sa patrie, travaillant sans relâche avec le tissu associatif tunisien pour maintenir ce pont entre les deux cultures.