Tunisie

De la résilience du blocus à Téhéran-Tunis : l’Iran voit en Tunisie une porte vers l’Afrique.

L’ambassadeur de la République islamique d’Iran en Tunisie, Mir Masoud Hosseini, a dressé le bilan de quarante jours d’offensive américano-israélienne. Dans une interview accordée à Express FM le 7 avril 2026, il a précisé que la fin de la guerre dépendra de l’acceptation de garanties internationales de non-répétition, du versement de réparations de guerre et de la levée totale des sanctions.


L’ambassadeur de la République islamique d’Iran en Tunisie, Mir Masoud Hosseini, a fait le point sur quarante jours d’offensive américano-israélienne. Il a affirmé que son pays déciderait seul de la fin des hostilités et a posé plusieurs conditions fermes pour résoudre la crise, tout en insistant sur la résilience économique de Téhéran et la volonté de renforcer les liens commerciaux avec la Tunisie.

Téhéran s’oppose à tout cessez-le-feu isolé ou fragile. Lors d’une interview diffusée sur Express FM le 7 avril 2026, Hosseini a précisé que la conclusion de la guerre serait conditionnée à l’acceptation de garanties internationales de non-répétition, à des réparations de guerre et à la levée totale des sanctions. Ces exigences visent à mettre un terme définitif aux conflits dans toute la région, y compris au Liban, en Syrie, au Yémen et en Irak. L’ambassadeur a également confirmé l’absence de négociations directes avec les États-Unis, mentionnant que seuls des messages sont échangés via des intermédiaires tels qu’Oman et le Pakistan.

Sur le plan militaire et stratégique, le diplomate a revendiqué un échec de l’offensive éclair initialement prévue par les attaquants. Il a évalué les pertes américaines à 42 milliards de dollars et celles d’Israël à 20 milliards, citant la destruction d’un avion de surveillance AWACS et de chasseurs F-35. Concernant le détroit d’Ormuz, il a rejeté l’idée d’un blocus, affirmant que le passage reste ouvert sous administration iranienne pour les nations partenaires, tout en notant que le ton des ultimatums américains a diminué face à la mobilisation de 12 millions de volontaires iraniens pour défendre les frontières.

Selon l’ambassadeur, la stabilité intérieure de l’Iran repose sur une autosuffisance acquise durant quarante-cinq ans de blocus. Le pays produit maintenant l’intégralité de son armement défensif, 95 % de ses besoins en médicaments et assure sa sécurité alimentaire en blé et en thé. Cette autonomie industrielle permet un fonctionnement normal des services de base et de l’approvisionnement, malgré les frappes sur les infrastructures. Sur le plan des perceptions, Hosseini a décrit le conflit comme une bataille de récits à 70 %, opposant la réalité du terrain à la narration de Washington, et a souligné la cohésion nationale, marquée par le retour de certains opposants pour défendre le territoire.

Enfin, les relations avec la Tunisie ont été présentées comme un axe politique et économique majeur. L’ambassadeur a rappelé la rapide accréditation de ses lettres de créance et la participation unique du président tunisien aux funérailles du président Raïssi. Malgré la suspension de la commission économique mixte due à la guerre, des projets de coopération dans les secteurs du phosphate, de l’huile d’olive et de la filière des dattes sont en cours d’étude. L’établissement de liaisons aériennes directes de 4h30, qui a déjà facilité le transport de 5 000 passagers l’été dernier, vise à faire de la Tunisie une plateforme stratégique pour le commerce iranien vers l’Afrique et l’Europe.