Tunisie

De Bagdad à Téhéran, une horloge prophétique identique.

Le Dr Fawzi Bedoui a attiré l’attention sur la « symbolique religieuse profonde » que revêt le choix de la date du 28 février 2026 pour la frappe américano-israélienne contre l’Iran, qui coïncide avec Shabbat Zakhor, le « Sabbat du Souvenir » de l’année hébraïque 5786. Il établit également un parallèle avec la chute de Bagdad le 9 avril 2003, mentionnant que Silvan Shalom avait déclaré que cette date correspondait à l’accomplissement de la prophétie de Jérémie sur la ruine de Babylone.


Dans une publication sur son compte officiel sur le réseau social X, le Dr Fawzi Bedoui, professeur d’études juives et de religions comparées, a mis en avant ce qu’il considère comme une « symbolique religieuse profonde » liée à la date du 28 février 2026, choisie pour la frappe américano-israélienne contre l’Iran.

Le Dr Bedoui note que cette date coïncide avec Shabbat Zakhor, c’est-à-dire le « Sabbat du Souvenir », de l’année hébraïque 5786, débutant au coucher du soleil du vendredi 27 février.

Il précise que ce Sabbat est le dernier avant la fête de Pourim, qui est précédée par le jour de jeûne de Taanit Esther fixé au lundi 2 mars.

Le chercheur rappelle qu’à chaque Shabbat Zakhor, les communautés juives lisent le passage du Deutéronome 25 : 17-19, lequel ordonne au peuple d’Israël de « se souvenir » du mal commis par Amalek et d’en « effacer le souvenir de dessous les cieux ».

Selon la tradition talmudique, il explique que Haman, l’ennemi central du récit de Pourim, est vu comme un descendant d’Amalek, et que l’histoire de Pourim se déroule précisément en Perse, correspondant à l’Iran actuel.

Le Dr Bedoui souligne que cette symbolique trouve écho dans le discours politique israélien contemporain. Il rappelle que Benyamin Netanyahou a récemment actualisé le personnage d’Haman durant la guerre de Gaza pour justifier, selon ses propres mots, les opérations militaires contre ce qu’il considère comme les ennemis d’Israël, qualifiant cela de « légitimation d’un génocide par une rhétorique religieuse ».

Quant à l’opération militaire, le professeur précise qu’elle avait d’abord été nommée « Bouclier de Juda » avant que Netanyahou ne la renomme « Le Rugissement du Lion », notant que le lion est l’emblème traditionnel de la tribu de Juda.

Le Dr Bedoui élargit ensuite son analyse au contexte religieux américain, affirmant qu’à partir de Pourim 2025, des rabbins américains avaient commencé à mentionner publiquement « l’accomplissement imminent des prophéties », reliant de façon explicite les pressions exercées sur l’Iran au calendrier religieux juif.

Il ajoute que le discours du président Donald Trump, prononcé durant Shabbat Zakhor, au moment où le passage sur Amalek était récité dans les synagogues, a été perçu par ces milieux comme « un signe d’une signification exceptionnelle ».

Le chercheur précise cependant que cette symbolique agissait dans la conscience collective religieuse, « qu’elle ait été intentionnelle de la part des décideurs ou non ».

Dans sa publication, le Dr Bedoui établit également un parallèle avec la chute de Bagdad le 9 avril 2003, affirmant que le ministre israélien des Affaires étrangères à l’époque, Silvan Shalom, avait déclaré devant le secrétaire d’État américain Colin Powell, lors d’une conférence de l’AIPAC, que cette date marquait l’accomplissement de la prophétie de Jérémie sur la ruine de Babylone.

Le Dr Bedoui conclut sa publication par un appel solennel au monde arabe : « Lisez, retenez, et n’oubliez pas. Souvenez-vous toujours du mot Zakhor : cet ennemi, lui, n’oublie pas. »

Il recommande à ceux qui souhaitent approfondir le sujet la lecture de l’ouvrage de l’historien Yosef Hayim Yerushalmi, intitulé Zakhor, qui traite de la formation de la conscience historique juive.