Dans quel pays sommes-nous ?

Le spectacle donné au monde entier, hier à l’a.r.p. ne pouvait être plus sordide, plus écœurant. La brute immonde qui y a donné libre cours à ses instincts criminels est à punir pour ce qu’elle a fait et à plaindre pour ce qu’elle est. Ceux qui, en galeuse galerie, s’en sont réjouis, comme d’un service rendu à leur maître ont salivé sous le binocle de Pavlov. Jai hâte de regarder ailleurs.

L’autre, que les lambris dorés du palais de la République, le décorum cérémonieux de son quotidien prévenant, feutré, solennel, n’ont pas fini d’éblouir, d’enivrer jusqu’à lui faire oublier le mouroir qu’est devenue la Tunisie, non seulement pour meilleurs que lui, parce que plus innocents et plus utiles, mais aussi et surtout pour les miettes d’honneur qui restaient peut-être à y sauver, ne se sortira pas à si bon compte de mon réquisitoire, même s’il ne tenait qu’à lui dire combien ils se déconsidère, par son indifférence et sa fatuité, sous le regard ahuri de l’humanité et dans la pensée peinée qu’il ne sait pas deviner dans les silences des chefs d’états et de gouvernements étrangers.

Je dois aussi avouer que, devant l’innommable vilénie dont le visage de la Tunisie à été souillé, je ne puis continuer à décrier l’océan d’immoralité sur lequel elle tangue dangereusement, la question qui exprime désormais toute mon indignation s’étant imposée de soi, en titre.

Abdessalem Larif