Dans le sac des douanes
En 2025, plus de 580 millions de dinars de marchandises de contrebande ont été saisies par la Douane tunisienne, représentant des produits dangereux qui ne parviendront ni aux marchés ni aux foyers. Par ailleurs, 33.618 patrouilles ont été menées sur l’ensemble du territoire, traduisant une présence continue de la douane dans la lutte contre le trafic.

Les réussites enregistrées en 2025 par les douanes en matière de lutte contre la contrebande sont impressionnantes. Elles apportent un certain réconfort. En effet, derrière des chiffres parfois impersonnels et des communiqués administratifs se déroule une lutte bien plus cruciale : celle pour la sécurité sanitaire, économique et sociale d’un pays que certains tentent de transformer en simple plaque tournante pour les trafics et les substances dangereuses.
Les chiffres communiqués par la Douane tunisienne sont révélateurs. Ils témoignent d’un État en état d’alerte, qui reconnaît que les frontières sont plus que de simples limites géographiques, mais constituent des lignes de défense contre des réseaux organisés, rusés et patients. Plus de 580 millions de dinars de marchandises de contrebande saisies en une année représente une protection contre un flux de produits dangereux, frauduleux ou létaux qui ne parviendront ni sur nos marchés ni dans nos foyers.
La lutte contre la contrebande n’est jamais anodine. Derrière chaque comprimé illicite, un médicament détourné ou un aliment périmé, se trouvent des vies en danger, des familles menacées et une santé publique mise à mal. Les 64.000 comprimés psychotropes, les substances narcotiques et les tonnes de produits alimentaires non conformes interceptés représentent autant de dangers écartés avant qu’ils ne causent des ravages silencieux.
La douane, souvent perçue sous un angle bureaucratique, se révèle ici comme une véritable force de sécurité nationale. Les 33.618 patrouilles effectuées sur l’ensemble du territoire démontrent un effort structuré, une présence constante, allant parfois jusqu’à des zones hostiles, souvent au prix d’un effort humain considérable. La confiscation des véhicules utilisés par les contrebandiers envoie un message clair : la criminalité ne doit plus circuler impunément.
Plus encore, la diversité des produits interceptés — or, devises, médicaments, cigarettes, pièces de rechange, téléphones — alimente des circuits illégaux qui privent l’État de ressources et sapent la confiance envers les démarches légales. En luttant contre ces flux, l’État tunisien ne se contente pas de protéger ses frontières ; il défend également sa souveraineté économique et la santé de son marché intérieur.
Dans un environnement régional instable, où les trafiquants cherchent constamment à exploiter les failles comme l’eau trouve les fissures, la Tunisie refuse de devenir un passage ouvert. Cette détermination n’est ni un slogan ni une réaction sécuritaire impulsive : elle est essentielle. Les agents des douanes, souvent opérant dans l’ombre, mènent une bataille discrète mais cruciale, apportant des bénéfices directs aux citoyens.
Ces saisies ne doivent pas être considérées comme de simples médailles. Elles représentent une preuve tangible qu’un État vigilant est le dernier rempart entre la société et le désordre des trafics. Dans cette lutte sans uniforme, chaque cargaison interceptée constitue une victoire pour la santé, la sécurité et la dignité des Tunisiens.

