Crise au Moyen-Orient : Ridha Chkoundali redoute un choc pétrolier de 10 milliards de dinars.
Ridha Chkoundali alerte sur les conséquences d’une extension du conflit entre l’Iran et l’axe Americano-sioniste, estimant que l’escalade militaire actuelle pourrait alourdir la facture énergétique de la Tunisie de 1,6 à plus de 10 milliards de dinars. Selon ses projections, si le baril atteint 150 dollars en cas d’internationalisation totale du conflit, cela entraînerait un déficit commercial aigu et une pression insoutenable sur les réserves de change.
L’universitaire et économiste Ridha Chkoundali met en garde contre les conséquences graves d’une éventuelle intensification du conflit entre l’Iran et l’axe Americano-sioniste.
D’après ses prévisions, l’escalade actuelle pourrait entraîner un coût énergétique pour la Tunisie allant de 1,6 à plus de 10 milliards de dinars, mettant en péril l’équilibre budgétaire et la stabilité des prix dans le cadre de la loi de finances 2026.
L’économie tunisienne est actuellement vulnérable à un choc international considérable. Ridha Chkoundali souligne dans un post sur Facebook que les frappes stratégiques en Iran et les ripostes contre les bases américaines dans le Golfe ont déjà conduit à une augmentation immédiate de 13 % des prix du brut. Il rappelle une règle budgétaire essentielle pour le pays : chaque hausse de 10 dollars du prix du baril, par rapport aux projections de la loi de finances 2026, engendre un surcoût direct de 1,6 milliard de dinars pour l’État.
Son analyse se base sur une évaluation détaillée des risques. Dans une première hypothèse de conflit limité, la hausse des prix serait contenue entre 10 et 15 % en raison d’une simple prime de risque géopolitique, permettant à la Tunisie de faire face à ce choc avec une inflation modérée, sans rupture structurelle. En revanche, si l’offre est partiellement perturbée, avec un retrait de 3 à 5 millions de barils par jour du marché mondial, le prix du pétrole pourrait dépasser les 100 dollars. Une telle situation causerait une perte de 4 milliards de dinars pour la Tunisie et augmenterait l’inflation d’un point.
L’inquiétude de l’économiste grandit avec le scénario d’un choc systémique global provoqué par la fermeture du détroit d’Ormuz. Dans ce cas, le prix du baril pourrait atteindre 120 dollars, entraînant une facture supplémentaire de 6 à 7 milliards de dinars pour la Tunisie et une augmentation de l’inflation de plus de 1,5 point. Enfin, le scénario le plus extrême évoqué par Ridha Chkoundali est celui d’une internationalisation totale du conflit impliquant les grandes puissances. Si le pétrole est utilisé comme arme stratégique dans un affrontement multipolaire, le prix du baril pourrait s’envoler jusqu’à 150 dollars. La facture pour la Tunisie dépasserait alors les 10 milliards de dinars, entraînant un déficit commercial sévère et une forte pression sur les réserves de change.
Ridha Chkoundali explique que cette montée en tension dépasse le cadre des frappes symboliques, menaçant le transit d’un cinquième du pétrole mondial. Il décrit un monde divisé où les États-Unis et l’entité sioniste cherchent à neutraliser les capacités militaires et nucléaires de Téhéran, tandis que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni soutiennent Washington, potentiellement motivés par des promesses de réductions douanières sous l’administration Trump.
À l’opposé, la Russie et la Chine dénoncent ces actions. Pékin, particulièrement vulnérable en raison de sa dépendance aux importations iraniennes, risque de voir ses chaînes d’approvisionnement perturbées. Moscou, de son côté, pourrait profiter de la montée des prix pour renforcer sa position sur le marché énergétique mondial. En conclusion de son analyse, Ridha Chkoundali espère que les hostilités ne dépassent pas le cadre du premier scénario, afin de protéger l’économie tunisienne de conséquences qu’il considère comme catastrophiques.

