Tunisie

Coup d’envoi des Journées Cinématographiques de Carthage : célébration du cinéma et de la mémoire

La 36ème édition des Journées cinématographiques de Carthage a débuté ce samedi soir à la Cité de la Culture de Tunis et se tiendra jusqu’au samedi 20 décembre, avec 42 films de 19 pays en compétition. L’ouverture de la cérémonie au Théâtre de l’Opéra de Tunis a été diffusée en direct sur la chaîne Watania et a duré une heure.


Le rideau s’est levé ce samedi soir sur la 36ème édition des Journées cinématographiques de Carthage. Comme chaque année, la Cité de la Culture de Tunis a été le cadre de moments forts en émotions et de discours engagés. La cérémonie d’ouverture, qui s’est déroulée au Théâtre de l’Opéra de Tunis, a duré une heure et a été diffusée en direct sur la chaîne Watania ainsi que sur plusieurs radios partenaires.

Cette édition, qui se poursuivra jusqu’au samedi 20 décembre, présente 42 films provenant de 19 pays, en compétition pour les Tanits. Parmi eux, neuf films tunisiens sont répartis entre les sections longs métrages de fiction, longs métrages documentaires et courts métrages. La programmation inclut également d’autres œuvres dans des sections parallèles telles que le Panorama du film tunisien, avec 16 films, et 8 films dans la section Cinéma du monde.

Pour le tapis rouge, l’une des célébrations les plus prestigieuses du cinéma a conservé sa tradition. De nombreuses stars tunisiennes et internationales ont défilé devant une foule de journalistes, photographes et cinéphiles.

La soirée d’ouverture a débuté par un hommage à feu Zied Rahbani, marqué par la projection d’un extrait du film « Nahla ». Ce long métrage, réalisé par Farouk Beloufa et sorti en 1979, traite de la guerre civile libanaise et a été principalement tourné à Beyrouth. Le célèbre pianiste tunisien Omar El Ouaer a interprété deux morceaux de Zied Rahbani, accompagnés par la voix de Mariem Laabidi. Les titres « khedhni maak ye hob » et le célèbre « bala wala chi », joués à la fin de la cérémonie, ont été accueillis par une forte ovation du public.

Le maître de cérémonie, Amine Ben Hamza, a pris les rênes de cet événement. Ce jeune journaliste et présentateur a adressé un discours chaleureux et éloquent au public et aux invités, évoquant les principales thématiques de cette édition, qui met cette année en lumière l’Arménie, les Philippines et l’Espagne.

Après cela, une vidéo émouvante a retracé le parcours de l’artiste légendaire Claudia Cardinale, qui a toujours été très attachée à la Tunisie. La liste des hommages a également été annoncée, incluant Mohammed Lakhdar-Hamina, acteur, réalisateur, producteur et scénariste algérien, Souleymane Cissé, réalisateur malien, Paulin Vieyra Soumano, cinéaste et critique béninois, Walid Chmait, pionnier de la critique cinématographique libanaise et Fadhel Jaziri, réalisateur et homme de théâtre tunisien.

Le Tanit d’honneur a été attribué ce soir-là au producteur tunisien Abdelaziz Ben Mlouka, qui a su marquer plusieurs générations de cinéastes à travers des œuvres mémorables tunisiennes et internationales, y compris l’incontournable « Star Wars », contribuant ainsi à établir des bases solides pour la production cinématographique nationale.

Une projection sur grand écran a également mis en avant les atouts de la Tunisie comme lieu de tournage pour films et séries, présentant des sites naturels et historiques et comportant des témoignages de personnalités internationales telles qu’Antonio Banderas et Robert Watts, producteur d’Indiana Jones et Star Wars, sans oublier quelques extraits du feuilleton Moawiya diffusé pendant le dernier Ramadan.

Le maître de cérémonie a également présenté le jury chargé de récompenser les productions les plus remarquables parmi les films en compétition. Le président de cette édition, M. Mohamed Tarek Ben Chaabane, a prononcé une brève allocution d’ouverture en dialecte tunisien. Il aurait peut-être été judicieux de préparer une traduction pour les invités étrangers.

La soirée s’est poursuivie avec la première projection tunisienne de « Palestine 36 », en présence de l’équipe du film. Réalisé par Anne-Marie Jacir, ce long métrage évoque la révolte en 1936 des villages de la Palestine mandataire contre la colonisation britannique, en parallèle avec l’afflux de juifs fuyant l’antisémitisme en Europe.

À noter que tous les films programmés pour cette édition sont disponibles à la réservation aux guichets sur place et en ligne, pour un tarif unique de 6 dinars.