Tunisie

CNUCED : 20 % des IDE pour les data centers en 2025

Les centres de données ont capté plus d’un cinquième de l’investissement mondial en projets de création, avec plus de 270 milliards de dollars d’IDE annoncés. En 2025, les flux d’IDE vers les économies développées ont bondi de 43 %, atteignant environ 728 milliards de dollars, tandis que les flux à destination des économies en développement ont reculé de 2 %, s’établissant à 877 milliards de dollars.


Avec plus de 270 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE) annoncés, les centres de données se posent comme un acteur clé des flux mondiaux, reléguant d’autres secteurs stratégiques au second plan.

La Presse — Secteur de pointe, encore émergent mais en forte croissance, les data centers atteignent progressivement leur plein potentiel et continuent d’attirer un volume croissant d’investissements à l’échelle internationale.

Cette dynamique impressionnante souligne l’importance croissante de ce secteur pour l’économie mondiale, contribuant ainsi à booster les investissements dans les télécommunications, qui surpassent désormais, en valeur, ceux alloués aux énergies renouvelables.

En effet, selon un rapport récent de l’ONU Commerce et développement (Cnuced) publié en 2025, les centres de données ont capté plus d’un cinquième de l’investissement mondial dans des projets de création. Cette performance les positionne « comme une force majeure façonnant l’investissement mondial en 2025 », selon le rapport.

Soutenus par une demande croissante en infrastructures d’intelligence artificielle et en réseaux numériques, les IDE dans ce secteur ont franchi la barre des 270 milliards de dollars. Ces investissements sont particulièrement capitalistiques, car il s’agit généralement de nouveaux investissements étrangers réalisés à partir de zéro.

Avec ce montant, le secteur des data centers a largement contribué à la hausse de 14 % des IDE mondiaux en 2025, qui ont atteint environ 1.600 milliards de dollars. Cependant, cette progression cache une concentration accrue de l’investissement mondial dans un nombre restreint de secteurs stratégiques à forte intensité capitalistique, dominés non seulement par les centres de données, mais aussi par les semi-conducteurs.

Le rapport précise également que, bien que cette dynamique ait amélioré les performances globales de l’investissement international, ses retombées géographiques restent limitées. Les investissements dans les centres de données se sont concentrés dans quelques pays hôtes, notamment la France, les États-Unis et la République de Corée.

Seulement quelques marchés émergents figurent parmi les principaux bénéficiaires. Les données de la Cnuced montrent également que, « contrairement à l’investissement traditionnel dans les télécommunications, une grande partie de l’expansion des IDE dans les centres de données s’est réalisée par le biais d’infrastructures entièrement nouvelles détenues par les entreprises », ce qui reflète une concurrence accrue dans les technologies liées à l’intelligence artificielle.

Ces résultats contrastent avec l’évolution générale de l’investissement mondial, qui s’est affaibli dans de nombreux secteurs économiques. Le nombre de projets dans le monde a chuté de 25 % dans les secteurs exposés aux droits de douane et fortement intégrés aux chaînes de valeur mondiales, comme le textile, l’électronique et la mécanique. « L’investissement dans les énergies renouvelables a reculé, avec une diminution de 28 % de la valeur des projets greenfield, alors que les investisseurs réévaluaient les risques et les incertitudes réglementaires », indique le rapport. De plus, il est précisé que les flux d’IDE vers les économies développées ont augmenté de 43 %, atteignant environ 728 milliards de dollars en 2025, ce qui illustre la concentration des investissements stratégiques axés sur la technologie.

L’Union européenne a enregistré une hausse de 56 %, soutenue en partie par des accords liés aux technologies. En revanche, les flux vers les économies en développement ont diminué de 2 %, s’établissant à 877 milliards de dollars. Les trois quarts des pays les moins avancés ont connu des entrées stagnantes ou en baisse.