Ciments de Bizerte : conseil ministériel restreint sur l’investissement et la restructuration
La cheffe du gouvernement, Sarra Zafrani Zanzeri, a présidé ce mardi 17 mars 2026, au Palais du gouvernement à la Kasbah, un conseil ministériel restreint consacré à l’examen de la restructuration de la Société des Ciments de Bizerte et aux moyens de relancer l’investissement dans cette entreprise publique. Un programme national de restructuration a été présenté pour la Société tunisienne de sidérurgie « El Fouladh », fondée en 1962 et entrée en production en 1965, incluant la valorisation de la ferraille produite localement à hauteur de 300 000 tonnes par an pour la fabrication d’acier.
La cheffe du gouvernement, Sarra Zafrani Zanzeri, a dirigé ce mardi 17 mars 2026, au Palais du gouvernement à la Kasbah, un conseil ministériel restreint portant sur la restructuration de la Société des Ciments de Bizerte et les moyens de relancer l’investissement dans cette entreprise publique.
Cette réunion s’inscrit dans le cadre de la politique nationale dédiée à la préservation et à la modernisation des institutions publiques, conformément aux directives du président de la République, Kaïs Saïed, qui vise à garantir la pérennité de ces entreprises, éviter leur cession et réaliser des réformes structurelles profondes pour améliorer leur performance, rétablir leur équilibre financier et renforcer leur compétitivité à moyen et long terme.
Sarra Zafrani Zanzeri a souligné que la Société des Ciments de Bizerte, en tant qu’entreprise nationale majeure et historique, représente un pilier stratégique du secteur du ciment en Tunisie. Elle a insisté sur l’importance de soutenir cette société, de relancer sa production et de la sortir de la situation difficile qu’elle traverse, afin d’assurer sa continuité et de lui permettre de retrouver sa place sur les marchés national et international.
La cheffe du gouvernement a rappelé que le secteur du ciment comporte neuf entreprises d’une capacité de production totale d’environ 12 millions de tonnes, employant plus de 4 000 personnes et contribuant significativement à la création de devises par le biais de l’exportation et l’ouverture sur les marchés extérieurs.
Lors du conseil, un exposé détaillé a été présenté concernant la situation actuelle de la Société des Ciments de Bizerte, en abordant ses aspects techniques, financiers, commerciaux et ses ressources humaines, ainsi que le programme de restructuration prévu. Ce programme se décline en trois phases.
La première phase vise la reprise de la production par la remise en service de la ligne de clinker, la préservation des mécanismes de production, la réduction du recours aux services externes et le contrôle des coûts. La deuxième phase concerne l’augmentation de la capacité de production à travers la modernisation des équipements et l’amélioration des procédés industriels.
La troisième phase a pour objectif le développement global de l’entreprise, la maîtrise de l’énergie, le respect des normes environnementales, la protection de l’écosystème, le renforcement de la compétitivité et l’instauration d’un système d’information intégré.
Sarra Zafrani Zanzeri a également mis en avant les atouts logistiques de l’entreprise, comme son quai portuaire commercial sur la Méditerranée, ses infrastructures modernes, la proximité de ses matières premières, son accès ferroviaire, ses ressources foncières et la notoriété de sa marque sur le marché.
Elle a rappelé que la société, fondée en 1950 sous le nom de Ciment Portland de Bizerte, a démarré sa production en 1953 avant d’être nationalisée en 1959, et qu’elle a joué un rôle majeur dans le développement économique du pays et la réalisation de grands projets nationaux, tout en participant à l’exportation de produits tunisiens vers les pays méditerranéens.
Au cours des débats, le conseil a recommandé de lancer les réformes structurelles et le programme d’investissement, en garantissant l’acquisition et la transformation du clinker pour maintenir l’approvisionnement et la part de marché de l’entreprise, tout en conservant un niveau de rentabilité positif et en maîtrisant les coûts de production pour rester compétitif.
Le conseil a également souligné la nécessité de réactiver le transport ferroviaire pour réduire les coûts logistiques et encourager l’utilisation de ciment en vrac, ainsi que de développer la commercialisation à Tunis et dans le nord-ouest du pays. À long terme, il a été convenu d’améliorer les activités portuaires de l’entreprise pour renforcer les exportations et diversifier la gamme de produits vers des marchés prometteurs, tout en soutenant la société financièrement pour lui permettre de financer son cycle d’exploitation, ses investissements prioritaires et de retrouver sa position sur le marché local.
Le conseil ministériel a également abordé la restructuration de la Société tunisienne de sidérurgie « El Fouladh », créée en 1962 et entrée en production en 1965. Cette entreprise publique, acteur clé de l’industrie sidérurgique nationale, a souffert d’un déclin significatif dû à une mauvaise gestion et à des politiques de privatisation antérieures.
Un programme national de restructuration a été présenté, incluant la valorisation de la ferraille produite localement à hauteur de 300 000 tonnes par an pour la fabrication d’acier, l’optimisation des coûts de production, le renforcement de la compétitivité des unités de laminage et la réduction des importations d’acier, dont le coût dépasse 300 millions de dollars par an.
Le programme prévoit également de développer la chaîne de valeur industrielle et de créer une véritable filière locale de production d’acier, capable de répondre aux besoins des industries tunisiennes tout en générant de l’emploi.
Sarra Zafrani Zanzeri a conclu que la restructuration et l’investissement dans la Société des Ciments de Bizerte et dans « El Fouladh » représentent un choix stratégique pour l’État tunisien. Ces entreprises sont des piliers industriels nationaux essentiels pour le développement économique et social, pour la souveraineté nationale et pour le renforcement de l’industrie locale.
Elles contribuent à maintenir la production nationale de ciment et d’acier, à diversifier les produits, à soutenir l’exportation, à préserver les emplois et des devises, ainsi qu’à transformer les entreprises publiques en véritables moteurs de croissance, conformément aux directives du président de la République qui excluent toute cession de ces établissements stratégiques. Le gouvernement s’engage ainsi à poursuivre leur restructuration pour assurer leur durabilité et leur rôle central dans l’industrie tunisienne et le développement économique du pays.

