Tunisie

Chroniques de la Byrsa : une exploration inédite et captivante

Les abonnés de la Société tunisienne de l’électricité et de gaz (Steg) ont reçu une facture d’un montant de zéro dinar, zéro millime lors du premier jour du mois de Ramadan. La Steg a promis des compteurs « intelligents » depuis un certain temps, mais il n’y a pas d’information sur leur état actuel.

Le cadeau de Ramadan de la Steg

Peu d’abonnés de la Société tunisienne de l’électricité et de gaz (Steg) reçoivent un tel cadeau. Ainsi, lorsque l’agent, souriant, qui se tenait derrière le guichet pour remettre les factures aux clients munis de leur relevé de compteur sur leur portable, m’a annoncé une facture d’un montant de zéro dinar, zéro millime, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un présent offert pour le premier jour du mois de Ramadan.

Pour commencer, il y a quelques semaines, j’avais reçu ma facture de consommation d’électricité, qui s’élevait à environ une centaine de dinars. J’avais trouvé ce montant plutôt élevé par rapport à ce que j’avais l’habitude de payer les mois précédents. J’ai donc tardé à régler cette somme.

La société nationale m’a d’abord envoyé un SMS d’avertissement. Ne réagissant toujours pas, j’ai reçu un deuxième avis. Enfin, réfléchissant à la situation, j’ai décidé qu’il était peut-être temps d’être à jour avec mon fournisseur. J’ai pris une photo de mon compteur et me suis rendu le jour même à l’agence Steg de mon quartier.

Les factures «estimatives» sont établies au pifomètre et tout le monde ne peut se permettre de faire des «avances»

Après avoir consulté le relevé (et non «relève», comme le répète la majorité des employés et, par conséquent, des clients) et vérifié sur son ordinateur que j’étais bien le client affiché, l’agent m’a annoncé la bonne nouvelle. Je n’en croyais pas mes oreilles.

Il m’a alors confirmé le montant, expliquant qu’il s’agissait de trop perçus antérieurs et qu’il me restait même un reliquat ! L’idée de me retrouver créancier d’une entreprise qui a des créances de millions de dinars envers certains clients m’a rempli de joie et d’orgueil, au point que j’en ai oublié de demander la valeur précise de mon reliquat…

Un client ordinaire aurait probablement remercié la Providence pour ce cadeau inattendu et serait passé à autre chose. Mais, en tant que journaliste, je ne peux pas m’arrêter aux fins heureuses et je cherche «la maladie et ses conséquences et de quoi le juge est mort» (un proverbe local qui souligne qu’il ne faut pas s’arrêter à l’apparence des choses et que je reformulerai ainsi : el ‘ella w bent el ‘ella w bèch el-cadhi mèt).

Ma conclusion est que la Steg connaît des dysfonctionnements importants dans sa facturation, qui nuisent réellement aux clients. Les factures «estimatives» sont souvent établies de manière approximative, et tout le monde ne peut pas se permettre de faire des «avances» même de montants qui paraissent minimes, mais qui, pour les foyers modestes, pèsent lourdement sur le budget familial.

Cela fait déjà un moment que la Steg promet des compteurs «intelligents». Où en est-on ?