Changements climatiques : sensibiliser pour ne pas modifier les mentalités.
La Cité des sciences de Tunis a mis en place un programme spécial vacances de printemps le 24 mars 2026, portant sur plusieurs domaines scientifiques, y compris les changements climatiques. Mme Safa Mansouri a souligné que la quantité d’eau par habitant en Tunisie se situe actuellement à 300 mètres cubes, alors qu’elle devrait être de 500 mètres cubes.

La Cité des sciences de Tunis a mis en place un programme de vacances de printemps pour les jeunes, les étudiants et le grand public.
Ce programme couvre plusieurs domaines scientifiques, notamment ceux liés à l’environnement et au développement durable. Par ailleurs, un atelier, consacré aux changements climatiques, s’est tenu le mardi 24 mars 2026, à destination du grand public.
L’objectif est de modifier les mentalités en sensibilisant sur des gestes simples mais essentiels.
Ce projet vise à informer sur ce phénomène et ses conséquences sur les ressources naturelles, l’environnement, le développement durable et la qualité de vie.
Une fois sensibilisé, le public sera plus enclin à modifier ses habitudes et à adopter de bonnes pratiques.
La Presse — Mme Safa Mansouri, responsable du laboratoire de l’environnement et du développement durable, a animé l’atelier, utilisant des projections numériques pour aborder le sujet en profondeur. Elle a d’abord clarifié la confusion entre le climat et la météo.
« Il existe différents climats sur notre planète, comme le climat méditerranéen, polaire, tropical, équatorial, océanique, tempéré ou désertique, etc. Il est crucial de connaître notre position climatique. Notre pays présente trois régimes climatiques : humide à subhumide au Nord, semi-aride au Centre et aride au Sud. Les changements climatiques, a-t-elle ajouté, se traduisent par des modifications significatives d’un climat, comme la pluviométrie, la température de l’air, de l’eau… ».
Événements et extrêmes climatiques
Il existe effectivement des extrêmes climatiques, notamment des événements météorologiques contrastés. Mme Mansouri a cité l’exemple de la Tunisie, qui a subi sept ans de sécheresse, suivis d’une pluviométrie importante ayant causé des inondations. « Les inondations que nous avons connues cet hiver représentent un événement climatique.
Il est essentiel de noter que ces événements climatiques engendrent de sérieux problèmes partout dans le monde. Même les pays dotés de programmes d’anticipation des catastrophes naturelles ne sont pas à l’abri. D’où l’importance d’anticiper ces événements pour prévenir, sinon limiter, les dégâts humains et matériels », a-t-elle ajouté.
Stress hydrique et gestion de la consommation d’eau
L’impact des changements climatiques sur les ressources naturelles et, par conséquent, sur la qualité de vie terrestre est préoccupant. En effet, il menace l’élément vital qu’est l’eau ! Ainsi, le stress hydrique fait l’objet de nombreux débats et de projets destinés à préserver les ressources hydriques.
« Les changements climatiques ont prolongé la saison estivale au détriment des saisons pluvieuses. Le stress hydrique se manifeste par une nette diminution de la disponibilité d’eau par habitant, qui se situe actuellement à seulement 300 mètres cubes par personne, alors qu’elle devrait être de 500 mètres cubes par personne.
Pire encore : cette quantité risque de diminuer encore dans les années à venir. D’autre part, a-t-elle poursuivi, les secteurs stratégiques comme l’industrie et l’agriculture figurent parmi les plus grands consommateurs d’eau. Il est donc essentiel d’encourager non seulement ces secteurs mais aussi chaque individu à adopter de bonnes pratiques en matière de gestion des ressources en eau ».
Méditerranée : la situation est critique
La responsable du laboratoire de l’environnement et du développement durable a attiré l’attention sur un autre phénomène causé par les changements climatiques : le réchauffement planétaire. Contrairement à certaines idées reçues, le réchauffement planétaire ne se limite pas à l’augmentation des températures de l’air, souvent rapportée dans les bulletins météorologiques.
Il implique aussi l’augmentation des températures de l’air et de l’eau, ce qui affecte gravement la biodiversité marine. De plus, l’augmentation de la température de l’air favorise les extrêmes entre température et pression atmosphérique. Ces extrêmes sont responsables des tempêtes. « La situation climatique de la zone méditerranéenne est critique.
Elle est causée par les extrêmes de température et de pression de l’air, ainsi que par l’augmentation de la température des eaux », a noté Mme Mansouri.
Il est vrai que les changements climatiques ont des effets néfastes sur l’écosystème et sur la qualité de vie. Cependant, il est encore possible d’agir sur les causes qui les favorisent. Limiter les émissions de gaz à effet de serre, comme le CO2 et le méthane, mais aussi réduire la dépendance aux énergies fossiles en se tournant vers les énergies renouvelables ; autant de gestes bénéfiques qui pourraient faire une grande différence.

