Chaker Besbès est la parfaite illustration de l’animateur Con

C’est incroyable à quel point les Tunisiens, à commencer par cette nouvelle élite médiatique enfoncée dans les abysses de la médiocrité, croient aux islamiteries les plus extravagantes, aux délires sacrés et autres mahométâneries. Tout à l’heure, Chaker Besbès, un animateur d’une émission politique qui passe en début de soirée sur Mosaïque fm. (c’est aussi celui qui a co-animé le débat présidentiel qui avait opposé Kaïs Saïed à Nabil Karoui), a exprimé sa gratitude aux fonctionnaires du ministère des affaires religieuses pour avoir organisé la prière de la pluie (salat el-istisqa).

L’un des deux chroniqueurs de l’émission, égal à lui-même, c’est-à-dire excellent, a répliqué qu’en période de crise, les gens ont tendance à se réfugier dans les croyances métaphysiques. Il s’en est suivi alors une petite tension entre l’animateur et les deux chroniqueurs de l’émission qui sont de loin beaucoup plus brillants que lui. Besbès semblait indigné de voir son chroniqueur balayer ses conneries moyenâgeuses d’un revers de main et s’évertuait à lui tirer les vers du nez : « tu ne crois pas aux vertus de salat el-istisqa, Mohamed Salah ? »

En fait, l’animateur de l’émission a employé le modus operandi auquel recourent les Borhen Bessaïs, Hédi Zaïem et cie quand ils veulent troubler un invité libéré des corsets du conservatisme et dont le discours n’entre pas dans le moule très étroit du conformisme intellectuel. En effet, quand ils décèlent chez leurs invités des velléités d’émancipation, ces animateurs hypocrites et fourbes éprouvent un malin plaisir à les mettre en porte-à-faux avec la doxa et les conventions sociales. Ils savent pertinemment qu’avant d’esquisser un début de réponse, leurs invités penseront à leur avenir professionnel et anticiperont le courroux de la populace qui est toujours prompte à lyncher quiconque affiche des mœurs différentes des siennes. Et, Chaker Besbès, notre Bruno Masure national, derrière ses airs de journaliste sérieux, s’est avéré aussi minable et médiocre que les animateurs des médias-poubelles susnommés.

Décidément, la dévaluation du diplôme universitaire est le plus horrible des crimes commis par Ben Ali. Non seulement il a bousillé l’ascenseur social en faisant du diplôme universitaire un vulgaire bout de carton dont la valeur est similaire à celle d’un PQ, mais en plus il a permis aux incultes et aux esprits moyenâgeux d’accéder à un statut qui ne leur est point destiné. D’aucuns prétendent que nos journalistes ont pour dessein d’abrutir les gens et qu’ils sont payés pour ça. C’est faux : ils sont cons ! Et monsieur Besbès en est une parfaite illustration !

Pierrot LeFou