Cette manie de vouloir reléguer le français au rang de langue étrangère me sort par les trous du nez

Dans ce pays, on étudie la langue française depuis plusieurs générations et dès l’école primaire. Néanmoins, on tient absolument à faire de la traduction simultanée quand l’invité est francophone et ce, sous l’œil inquisiteur de la Haica qui guette le moindre mot prononcé en français et non traduit dans la seconde qui suit. Je suis en train d’écouter l’interview de l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie qui passe sur Mosaïque Fm.

Marcus Cornaro est interrompu après chaque phrase pour en permettre la traduction, ce qui casse le rythme de l’interview et déconcentre les auditeurs, d’autant plus que le français employé par l’ambassadeur est simple et à la portée de tout le monde, à commencer par le public de cette émission politique qui, dans sa majorité, n’est pas analphabète.

Cette manie de vouloir à tout prix reléguer le français au rang de langue étrangère et d’en faire une langue inintelligible pour le commun des Tunisiens, juste pour conserver l’hégémonie de la langue arabe (car c’est ce dont il s’agit), me sort par les trous du nez. Déjà que la langue française est cliniquement morte dans ce pays, on cherche maintenant à l’envoyer six pieds sous terre en traitant les auditeurs tunisiens comme si c’étaient des Libyens ou des Yéménites.

Pierrot LeFou