Tunisie

Caisses de sécurité sociale : des actions efficaces sur les ressources

La Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) accuse un problème d’assèchement de liquidité malgré un excédent d’environ 900 millions de dinars. Le déficit de la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (Cnrps) est passé de 600 millions de dinars en 2023 à 700 millions en 2024, avec une prévision de stabilisation à 1,1 milliard au terme de 2025.


Les analyses financières des experts en protection sociale suscitent de plus en plus d’inquiétude.

Les dernières statistiques indiquent que la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), malgré un excédent d’environ 900 millions de dinars, se trouve confrontée à un problème de liquidité sérieux. Cette situation paradoxale s’explique par la mauvaise santé financière de nos caisses de sécurité sociale, qui, comme souvent signalé, peinent à gérer efficacement leurs ressources et à capitaliser sur les cotisations, en raison notamment d’un manque de projections et d’orientations. Cela explique leur incapacité à honorer la majorité de leurs engagements envers la Cnam.

On se souvient que le Chef de l’État, lors de son entretien avec le ministre des Affaires sociales le 27 octobre dernier, a réaffirmé l’urgence de trouver une solution radicale à la crise financière que traversent nos caisses, qualifiant la question de leur redressement comme un « enjeu de stabilité nationale ».

L’urgence de ce redressement est d’autant plus légitime que les derniers bilans montrent un déficit en forte augmentation. Pour la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (Cnrps), le déficit a bondi de 600 millions de dinars en 2023 à 700 millions en 2024, avec une prévision de stabilisation à environ 1,1 milliard d’ici la fin de 2025.

Concernant la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), la situation est encore plus préoccupante, avec un déficit passé de 950 millions à 1,2 milliard sur les trois dernières années, atteignant finalement 1,4 milliard de dinars, en attente de confirmation de la part des statisticiens.

Cette situation est inquiétante et pourrait compromettre la viabilité du système de protection sociale. Cela nécessite des mesures financières équilibrées, dont l’élargissement de la base d’affiliation pour intégrer les activités qui refusent de respecter leurs obligations sociales, ainsi que l’actualisation de la politique d’indemnisation, qui n’est pas adaptée aux exigences actuelles du système national.

Il est primordial de trouver des solutions pour optimiser les ressources des caisses, par le biais de l’amélioration des cotisations, du recouvrement, de la diversification des prestations et de la maîtrise des dépenses et des coûts. Sans oublier bien sûr la nécessité de digitaliser le système et d’élargir ses contenus technologiques.

En somme, il s’agit de transformer nos caisses de simples fonds de collecte en véritables structures de réinvestissement et de création de richesses, un modèle qui a prouvé son efficacité dans plusieurs pays.