Avenir incertain pour la voiture électrique en Tunisie, affirme Emrhod Consulting.
Lors de la conférence de presse, M. Nebil Belaam a déclaré que “la tendance actuelle générale ne penche pas vraiment du côté des voitures électriques ou hybrides”. Sur un échantillon de 3000 Tunisiens interrogés, 86% comptent acheter une voiture thermique dans les mois à venir.
Lors d’une conférence de presse dédiée à la présentation des résultats de « l’Observatoire de l’Automobile », une enquête menée à l’occasion de l’événement « Victoires de l’Automobile de l’année » par le cabinet Emrhod Consulting, M. Nebil Belaam, directeur général du cabinet, a mis en évidence les intentions des Tunisiens concernant l’achat d’une voiture électrique pour l’année 2026. Il a également analysé les tendances de ce nouveau marché en Tunisie pour les cinq prochaines années.
Organisée le vendredi 23 janvier au soir à Tunis, cette présentation a rapidement montré que la tendance générale actuelle ne favorise pas vraiment les voitures électriques ou hybrides.
D’après un échantillon de 3000 Tunisiens interrogés, comprenant des hommes et des femmes vivant tant en milieu rural qu’urbain, de divers niveaux socioculturels et financiers, et résidant sur l’ensemble du territoire, il apparaît que la majorité, soit 86 %, des Tunisiens prêts à acheter une voiture dans les mois à venir envisagent d’opter pour une voiture thermique (essence et diesel).
Concernant les véhicules « de demain », seuls 4 % de ceux qui envisagent d’acquérir un nouveau véhicule prévoient d’acheter une voiture hybride rechargeable durant l’année 2026. De plus, 3 % déclarent vouloir acquérir une voiture hybride simple, tandis que 3 % indiquent qu’ils comptent acheter une voiture entièrement électrique. Enfin, les 4 % restants n’ont pas encore décidé du type d’énergie qu’ils souhaitent pour le véhicule qu’ils envisagent d’acheter.
Les freins à l’achat d’un véhicule hybride ou électrique sont nombreux. Parmi les interrogés, 26,22 % estiment que le coût d’achat est trop élevé, 23,5 % expriment un manque de confiance dans la technologie, 20,2 % jugent l’autonomie de la batterie insuffisante, 19,5 % regrettent le manque de diversité des modèles proposés, et 16,8 % sont rebutés par une infrastructure jugée inadéquate en termes de bornes de recharge.
Concernant le potentiel du marché des véhicules électriques en Tunisie pour les cinq prochaines années, 39 % estiment que la voiture électrique remplacera totalement la voiture thermique, tandis que 25 % pensent qu’elle partagera équitablement le marché avec la voiture thermique. En revanche, 36 % des répondants estiment que la voiture électrique n’aura pas encore sa place en Tunisie dans cinq ans.
De plus, 83 % des interrogés estiment qu’il est nécessaire de mieux promouvoir le marché de la voiture électrique. Dans le même ordre d’idées, 77 % des Tunisiens ajoutent que la voiture thermique est mieux adaptée aux conditions climatiques du pays.
Pour ceux qui envisagent d’acheter une voiture électrique, 20 % affirment qu’il est essentiel de disposer de davantage de bornes de recharge, et beaucoup souhaitent un coût d’achat plus compétitif pour les inciter à faire le saut. En ce qui concerne la baisse de la fiscalité (loi des finances 2026) en faveur des Tunisiens achetant une voiture hybride rechargeable, 46 % des Tunisiens affirment avoir connaissance de cette mesure. Interrogés sur la question de savoir si cette mesure pourrait encourager l’achat d’un véhicule électrique ou hybride plutôt que d’un véhicule thermique, 65 % des personnes interrogées ont répondu positivement.
Abir Chemli

