Anouar Brahem ne fait pas son retour dans Mes Humeurs
En mars 2025, Anouar Brahem sortira son nouvel album intitulé After the last Sky et se produira sur les scènes européennes de France, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Suisse et de Belgique. Le titre de l’album s’inspire d’un vers de Mahmoud Darwich qui dit « Where should the birds fly, after the last sky? » et « Où les oiseaux doivent-ils voler, après le dernier ciel ? ».

La Presse — En mars 2025, Anouar Brahem sortira son nouvel album intitulé After the last Sky, publié sous le label ECM. Accompagné de son quartet, il parcourra les grandes scènes d’Europe, notamment en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suisse et en Belgique. Brahem a sorti de nombreux albums, mais chaque nouvelle publication fait un bruit considérable dans le monde du jazz. Selon les critiques de la presse spécialisée et généraliste, sa tournée rencontre un franc succès et le disque a été reconnu pour sa performance dans les charts allemands en 2025, témoignant de sa popularité et de sa qualité. Il est également classé parmi les meilleures ventes de jazz en Allemagne. Récemment, le journal Le Monde a sélectionné l’album parmi ses meilleurs choix de l’année 2025.
Dans cet album, le virtuose du oud conserve Dave Holland à la contrebasse, qu’il décrit en ces termes : « Le jeu de Dave me donne des ailes ». Il s’entoure aussi de Django Bates au piano et accueille Anja Lechner à la violoncelle. Cette dernière interprète régulièrement les compositions de Brahem en récital avec des mélodies à cordes.
Le titre de l’album, inspiré d’un vers de Mahmoud Darwich, interroge joliment : « Where should the birds fly, after the last sky ? » (« Où les oiseaux doivent-ils voler, après le dernier ciel ? »). Cette image poétique offre une belle invitation à l’écoute des morceaux pour ceux qui aiment la poésie.
Après plusieurs écoutes des compositions, on est transporté et fasciné. En tant qu’amateur enthousiaste de la musique de Brahem, j’ai éprouvé un plaisir immense, comme d’habitude, ainsi qu’une mélancolie indéfinissable. L’album débute avec des accords chauds joués par le violoncelle, suivi du jeu remarquable du maître du oud, le piano enveloppant l’ensemble et les échanges improvisés avec ses partenaires. Anja, la dernière arrivée, a trouvé sa place, avec des cordes claires, modulées et entraînantes.
Les « conversations » entre les instruments sont charmantes, de toute évidence lyriques, avec des notes de piano soutenant les échanges. Les solos de oud plongent l’auditeur dans l’univers des modes traditionnels de la musique arabe. Je suis toujours émerveillé par cette modernité intemporelle qui lie avec une fluidité rassurante la rigueur des modes de la musique arabe à la liberté d’improvisation du jazz. Les compositions renvoient inévitablement au choix du titre de l’album, centré sur les oiseaux et l’auteur.
(Darwich) : ce choix est à la fois significatif et pertinent pour tous les amateurs de poésie, quelles que soient leurs origines ou cultures. L’homme aspire à voler, à s’élever, à être libre. Darwich, reconnu comme l’un des plus grands poètes de la cause palestinienne, élève sa terre natale au rang de paradis à travers ses vers. Ses poèmes ont été mis en musique, notamment par Marcel Khalifa.
On continuera d’affirmer que Darwich incarne l’imaginaire de la libération palestinienne. En témoignant de son admiration pour le poète, Brahem avait sorti en 2009 un album intitulé The Astounding Eyes of Rita, qui a connu un grand succès. Avec ce nouvel opus, il prolonge les mots de la poésie, ses rythmes et les mélodies de ses compositions.

