À J-7 de l’Aïd el-Fitr, la course aux vêtements et douceurs démarre.
La plupart des ménages tunisiens ont déjà terminé les rituels du Ramadan et se préparent pour l’«Aïd ességhir». À une semaine de l’Aïd el-Fitr, les Tunisiens se lancent dans une course aux achats, notamment pour les vêtements destinés aux enfants et les pâtisseries traditionnelles.

Pour les Tunisiens, une fête chasse l’autre, avec une célébration qui succède à une autre. Le Ramadan, avec ses repas copieux, est déjà terminé pour de nombreux ménages qui se tournent déjà vers les vêtements et les pâtisseries locales en prévision de l’arrivée de l’«Aïd ességhir». Une nouvelle frénésie d’achats se profile…
La Presse — À une semaine de l’Aïd el-Fitr, l’effervescence envahit déjà les rues et les marchés tunisiens. À peine le rythme du Ramadan installé, de nombreuses familles portent déjà leurs regards vers les préparatifs de l’«Aïd ességhir», une fête très attendue qui célèbre la fin du mois sacré. Pour beaucoup, le Ramadan s’accompagne de repas généreux et de dépenses conséquentes, notamment en matière de nourriture et de pâtisseries traditionnelles.
Cependant, malgré ces dépenses, les préparatifs de l’Aïd commencent bien avant la fin du mois. Les Tunisiens se lancent dans une véritable course aux achats, particulièrement pour les vêtements destinés aux enfants.
Dans les rues commerçantes de la capitale, l’animation s’intensifie surtout après l’Iftar. Les familles profitent de la fraîcheur du soir pour parcourir les magasins et comparer les prix. Au souk Boumendil ou dans les boutiques du centre-ville comme la rue Charles de Gaulle ou la rue d’Espagne, en plus des centres commerciaux, de nombreux clients cherchent de bonnes affaires pour anticiper les dépenses de l’Aïd et faire face au coût de la vie, en tirant parti des derniers jours des soldes et des promotions.
Achat de vêtements neufs
Certains témoignages illustrent bien cette ambiance. Un jeune père raconte avoir profité d’une sortie en ville avec son épouse pour acheter des vêtements pour leur enfant d’un an : «J’ai aussi pris pour moi un ensemble veste et pull élégant. Cela m’a coûté 150 dinars, mais la qualité est bonne», indique-t-il. Les enfants, de leur côté, vivent cette période avec enthousiasme.
Une fillette déclare, les yeux brillants : «Nous aimons l’Aïd parce que nous avons de nouveaux habits. J’ai acheté des espadrilles et un pull, et je vais encore choisir un sac et des accessoires.»
Néanmoins, les opinions divergent concernant les prix. En observant les vitrines de vêtements et de chaussures, certains consommateurs estiment que les tenues de l’Aïd deviennent de plus en plus onéreuses chaque année, ce qui contraint de nombreuses familles à comparer attentivement les tarifs d’un magasin à l’autre.
A l’assaut des douceurs
Outre les vêtements, les pâtisseries et les douceurs sucrées jouent également un rôle central dans les préparatifs. Selon une mère de famille d’un âge avancé, la consommation de pâtisseries traditionnelles augmente considérablement durant cette période. Des spécialités telles que le makroudh, la zlabia, les makhareq, le kaak warka ou encore la ghraiba illustrent un patrimoine culinaire solidement ancré dans les traditions tunisiennes. Une autre dame plus jeune, interrogée, a partagé son enthousiasme pour l’achat : «Avant, on préparait ensemble, en famille ou entre amies, les biscuits et les baklawas pour embellir l’Aïd avec énergie.
Désormais, c’est différent : nous achetons le nécessaire, plutôt que de le préparer nous-mêmes». Les pâtissiers, quant à eux, se préparent plusieurs jours à l’avance pour satisfaire la demande croissante. Les étals se remplissent alors de baklava, de makroudh et de zlabia, très appréciés durant les soirées de Ramadan et les jours de fête. Ces douceurs occupent une place importante sur les tables familiales et contribuent à l’atmosphère conviviale du mois sacré. Une tradition qui perdure et «qui ne disparaît pas et n’a pas perdu une once de son charme», selon un jeune homme.
Cependant, les spécialistes de la santé soulignent l’importance de la modération. Une consommation excessive de pâtisseries peut avoir des conséquences néfastes, et les médecins conseillent d’adopter une alimentation équilibrée durant cette période festive.
Ainsi, entre achats de vêtements, recherche de bonnes affaires et préparation de douceurs traditionnelles, les Tunisiens se mettent progressivement dans l’ambiance de l’Aïd el-Fitr. Une fête où se côtoient traditions, joie des enfants et moments de partage en famille. Pour les enfants, assis sur un nuage, l’attente des étrennes et des tours de manèges pour la circonstance devient interminable.
