12e édition du festival des agrumes de Hammamet : célébration de l’orangeraie et produits dérivés.
La douzième édition du festival des agrumes de Hammamet s’est tenue les 7 et 8 février au pied du Fort de la médina. Dr Salem Sahli, président de l’Aere-Hammamet, a souligné que « le patrimoine agrumicole hammametois est l’une des composantes essentielles de l’identité locale, qu’il convient de sauvegarder et de valoriser ».

Comme toujours, le grand chapiteau a accueilli une vaste gamme de variétés d’agrumes, illustrant la biodiversité agrumicole de la région, ainsi que des ateliers de préparation de confitures, sans oublier un concours pour élire le meilleur «cake» à l’orange.
La Presse — Sous un ciel gris et menaçant, la douzième édition du festival des agrumes de Hammamet a été inaugurée les 7 et 8 février, au pied du Fort de la médina de cette station balnéaire.
Organisée par la section locale de l’Association d’éducation relative à l’environnement (Aere-Hammamet), une quarantaine d’artisans ont présenté divers produits du terroir (confitures, marmelades, gelées, hydrolats de fleurs de bigaradiers, crèmes glacées aux agrumes, chips d’oranges, etc.), ainsi que de la « baissa », un mélange traditionnel tunisien de céréales (orge, blé) et de légumineuses (pois chiches, lentilles) torréfiées et moulues, assaisonné d’épices.
«Un rendez-vous incontournable» pour les artisans
«C’est devenu un rendez-vous incontournable pour les artisans culinaires et les petits producteurs de la région», indique Rania Mansour, artisane reconnue pour ses confitures et ses eaux florales certifiées. «Le véritable atout de ce festival est sans aucun doute son emplacement au pied du Fort de Hammamet, juste en face de la corniche, au cœur de la ville. Ce choix judicieux, associé à une allée principale permettant aux visiteurs de circuler d’une tente à l’autre, assure une grande visibilité à nos produits», ajoute-t-elle.
Même ressentiment chez Amira Makhlouf, présidente du Groupement de développement agricole (GDA) de Maâmoura, qui participe pour la deuxième année consécutive avec ses produits sous l’étiquette « Nokhet el-jdoud » (Les saveurs de nos anciens).
«En plus de mon concept de chips d’oranges séchées (de fines tranches de maltaises de 3-5 mm d’épaisseur déshydratées au four à basse température pour obtenir des tranches croustillantes, Ndlr), parfaites pour des en-cas sains, la décoration de desserts, de cocktails ou des guirlandes ; je profite de cette occasion pour mettre en avant mes variétés de «bsissa», notamment celle aux fruits secs : mon best-seller», déclare Mme Makhlouf. «En général, le démarrage est un peu timide, surtout avec les conditions climatiques de ce samedi. Mais la météo annonce un dimanche ensoleillé. On croise les doigts».
En plus des préparations culinaires, des produits artisanaux (broderie, faux bijoux, poterie, etc.) étaient également présents, accompagnés de plusieurs animations (ateliers de poterie et de dessin pour enfants) et de spectacles musicaux : une troupe de «soulamiya» (chant liturgique), une performance de jeunes ballerines de Hammamet, un mini-concert du chanteur Rayen Youssef, ainsi qu’un spectacle de folklore tunisien et un autre présenté par le groupe «Ashab el-Baroud».
L’arboriculture menacée
Ce festival a également servi d’occasion pour sensibiliser les visiteurs aux dangers menaçant les vergers de citronniers et d’orangers à Hammamet, confrontés à une urbanisation fulgurante et à une nappe phréatique de plus en plus saline.
«Le patrimoine agrumicole hammametois est l’une des composantes essentielles de l’identité locale, qu’il est important de préserver et de valoriser. Cependant, l’arboriculture irriguée est aujourd’hui gravement menacée par le développement intensif du tourisme et l’urbanisme, la spéculation foncière, le morcellement des terres, les conflits autour de l’eau, le manque de sensibilisation des citoyens et l’inaction publique», souligne Dr Salem Sahli, président de l’Aere-Hammamet.
«C’est dans ce contexte que le festival des agrumes a vu le jour, grâce au projet Remee (Redécouvrons ensemble les mémoires de l’eau en Méditerranée), financé par le programme Euromed Heritage IV de l’Union européenne. Il ne s’agit pas de figer ou de sanctuariser un patrimoine, mais au contraire de le faire revivre sans passéisme, sans nostalgie, et de l’arracher à la « pénombre de l’insignifiance» qui risque de le plonger dans l’oubli.
Faire perdurer le patrimoine agrumicole de Hammamet, en vivre et lui redonner ses lettres de noblesse, voilà le défi que l’Aere et ses partenaires souhaitent relever. Il est également observable que de jeunes sont prêts à prendre la relève», ajoute-t-il.
Et comme à l’accoutumée, le grand chapiteau a abrité une multitude de variétés d’agrumes typiques de la biodiversité agrumicole de la région ainsi que des ateliers de préparation de confitures, sans oublier un concours du meilleur «cake» à l’orange.
Le diabète en question
Enfin, les organisateurs ont également mis en place une tente dédiée au dépistage du diabète (avec une prise de sang pour mesurer la glycémie), en présence de médecins et de nutritionnistes, offrant des conseils diététiques (comme l’adoption d’une alimentation équilibrée) et des recommandations pour renforcer son système immunitaire à travers une bonne hygiène de vie, afin de prévenir ce problème de santé publique.
«Qui dit agrumes ou produits transformés, dit sucre. Il était impensable d’organiser un tel événement sans une action de sensibilisation autour du diabète et des risques liés aux produits sucrés, en particulier les confitures et les marmelades d’agrumes, pour la santé. Le proverbe dit : Mieux vaut prévenir que guérir», conclut Dr Salem Sahli, médecin-pédiatre à la retraite.

