Vers un refus de l’initiative sur le logement

logement

La régulation des loyers doit être laissée aux lois du marché, ont estimé en substance une majorité des votants.

(Keystone / Anthony Anex)

Faut-il introduire en Suisse un quota de logements non spéculatifs? La proposition de la gauche n’a pas convaincu les citoyens.

La Confédération et les cantons ne seront pas obligés de construire davantage d’habitations à loyer modéré. Selon la première projection de l’institut gfs.bern pour le compte de la SSR, les Suisses ont refusé à 58% l’initiative de l’Association suisse des locataires, soutenue par la gauche, dite Davantage de logements abordablesLien externe.

Les premiers résultats provisoires ne confirment pas la tendance, ce qui est normal, puisqu’ils concernent les cantons urbains. A Genève, l’initiative a été acceptée par 59,8% après dépouillement de 95% des bulletins. A Bâle-Ville, ce serait également oui à 59,7%.

comitéLien externe qui regroupe les défenseurs des locataires, les coopératives d’habitation et les syndicats. En face, le gouvernement la rejette, ainsi que la majorité du Parlement et les milieux économiques. Le comitéLien externe qui la combat dénonce un texte «rigide, inefficace et étatiste».

Pour ses opposants, le quota de 10% est «absurde», et ne répond pas à la demande réelle. Ils craignent aussi de voir les investisseurs se détourner de l’immobilier, ce qui freinerait la construction de nouvelles habitations et ferait encore augmenter les loyers. Enfin, l’application de l’initiative nécessiterait bureaucratie et paperasse.

En face, on affirme que dans un pays dont 60% des habitants sont des locataires (et jusqu’à 80% dans les grandes villes), c’est «l’appétit des spéculateurs», qui fait monter les loyers jusqu’à des prix prohibitifs.

Or selon une étudeLien externe de 2017, de l’Office fédéral du logement, les appartements d’utilité publique sont en moyenne 15% moins chers dans l’ensemble du pays et même 24% dans les grandes villes. Il faut donc augmenter le nombre de logements d’utilité publique, qui ne forment actuellement que 5% du parc immobilier helvétique.

Chers les loyers? Tout dépend d’où vous habitez

Ces vingt dernières années, la Suisse n’avait jamais compté autant de logements vacants que l’an dernier. Au 1er juin, on recensait 75’323 biens inoccupés, soit 1,66% du parc immobilier du pays. Les loyers n’ont pas pour autant plongé, même si la situation varie beaucoup selon les régions.

A l’échelle suisse, les loyers ont augmenté de 12,1 points de pourcentage en dix ans, selon l’indice compilé par Homegate et la Banque cantonale de Zurich. La situation semble néanmoins se calmer avec des prix restés globalement quasi identiques depuis janvier 2016, année de dépôt de l’initiative pour davantage de logements abordables.

Cette stabilité ne concerne toutefois pas les grandes villes du pays. A Zurich, qui fait la course en tête, les loyers sont devenus 6,6 points plus chers en quatre ans. Bâle suit avec une facture en hausse de 2,6 points devant Berne où l’indice croît de 1,6 point.

Dans l’arc lémanique, l’évolution est en dents de scie, mais les loyers proposés sont presque toujours restés inférieurs à l’indice suisse. A Genève, les tarifs étaient au plus bas en avril 2017, mais l’indice de la ville dépassait en décembre 2019 de nouveau le niveau de 2016 et les loyers suisses. A Lausanne en revanche, les loyers proposés sont inférieurs de 1,5 point à ceux d’il y a quatre ans. Le décrochage est plus spectaculaire au Tessin avec près de 8 points de moins pour l’indice de Lugano.

Les variations cantonales sont tout aussi importantes. Si les loyers ont fait le yoyo partout, l’indice du Valais reste toujours le plus faible et termine en baisse de plus de trois points par rapport à 2016. Ceux des autres cantons romands croisent plusieurs fois la courbe de l’indice suisse et finissent au-dessus pour les cantons de l’arc lémanique et Neuchâtel, en deça pour Fribourg et le Jura.

Dans une étude parue l’automne dernier, le spécialiste de l’immobilier Wüest Partner parie sur une baisse des loyers de 0,9% en 2020. Selon lui, le taux de vacances devrait en effet progresser et le taux hypothécaire de référence pourrait être abaissé à 1,25%. Que ces prévisions se confirment ou non, les différences régionales devraient rester très marquées.

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