Verdict très attendu sur le contesté paquet d’aide aux médias

Quelque 70 journaux ont disparu depuis 2003, selon l’Office fédéral de la communication. La tendance continuera-t-elle? © Keystone / Christian Beutler

Les Suisses votent dimanche sur l’aide aux médias, la publicité du tabac, le droit de timbre et l’expérimentation animale. Le suspense se cristallise autour de l’allocation d’une enveloppe de près de 150 millions de francs supplémentaires par an aux journaux, radios, télévisions privées et médias en ligne.

Ce contenu a été publié le 12 février 2022 – 11:00


«Oui à la protection des enfants et des jeunes contre la publicité pour le tabac»Lien externe obtenait les faveurs d’une majorité des personnes sondées (63%) lors de la dernière enquête d’opinion de l’institut gfs.bern.

La Confédération dispose pour l’heure de l’une des législations les plus souples d’Europe en matière de lutte contre le tabac. Le texte issu des milieux de la prévention demande l’interdiction, pour les produits du tabac, de «toute forme de publicité qui atteint les enfants et les jeunes». Il veut ainsi limiter l’attrait de la cigarette auprès des personnes mineures. Les milieux économiques considèrent cependant que les restrictions publicitaires prévues vont trop loin et qu’elles ouvrent la voie à des interdictions pour d’autres produits.

Le droit de timbre ne fait pas recette

Le peuple se prononce également sur l’abolition du droit de timbre, un impôt indirect perçu lorsqu’une entreprise veut lever des fonds en émettant des titres (actions, parts sociales, etc.)

La gauche et des syndicats ont lancé le référendum, estimant que la mesure ne profiterait qu’aux plus riches. Pour eux, il s’agit d’une réforme inutile qui ne profite qu’aux multinationales et fragilise les services publics.

Le Conseil fédéral, les partis de droite et du centre ainsi que les milieux économiques soutiennent pour leur part l’abolition du droit de timbre d’émission. Cet impôt est quasi unique au monde, relèvent-ils, et représente selon eux un désavantage concurrentiel pour la place économique suisse.

Selon le dernier sondage de la SSR, une majorité de la population (53%) serait désormais opposée à la réforme.

Protection des animaux

Finalement, les Suisses votent pour la quatrième fois de leur histoire sur une interdiction de l’expérimentation animale. L’initiative «Oui à l’interdiction de l’expérimentation animale et humaine» s’achemine toutefois vers un large non, selon les sondages.

Le texte soumis au verdict des urnes veut bannir toutes les expériences sur les humains et les animaux, ainsi que l’importation de nouveaux produits développés avec de telles expérimentations. Les initiantes et les initiants estiment que les expérimentations réalisées sur des animaux s’apparentent à un crime. À leurs yeux, elles ne sont pas seulement mauvaises sur le plan éthique, mais également sur le plan économique.

Du côté des opposantes et des opposants, on estime en revanche que l’expérimentation animale est essentielle pour découvrir de nouveaux remèdes ou principes actifs. Les méthodes alternatives disponibles aujourd’hui ne seraient pas encore en mesure de reproduire avec précision la complexité d’un organisme vivant.

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