Roberto Balzaretti: «Nous n’avons pas voulu vexer la France»

L’ambassadeur de Suisse en France Roberto Balzaretti à vélo au bord du lac Léman, lors de la première étape de son projet « En route avec la Suisse », en mars. © Keystone / Salvatore Di Nolfi

Les relations franco-suisses ont connu quelques remous l’an dernier, notamment à la suite de la décision suisse de ne pas acheter le Rafale français. L’ambassadeur de Suisse en France, Roberto Balzaretti, qui a débuté un tour de France à vélo, assure que «cet épisode est désormais derrière nous».

Ce contenu a été publié le 09 mai 2022 – 13:54


«En route avec la Suisse»Lien externe. Vous sillonnez les routes de France avec un vélo à assistance électrique, en douze étapes de plusieurs jours, réparties sur deux ans. Qu’attendez-vous de ce projet?

Roberto Balzaretti: Le but est avant tout d’aller à la découverte d’initiatives franco-suisses, à la rencontre de Suisses qui sont actifs en France et permettent aux deux pays d’avancer ensemble. Cela peut être un vigneron, un entrepreneur, un importateur de fromage, un artiste ou encore un scientifique. L’idée est de montrer que nos deux pays sont non seulement des voisins d’un point de vue géographique, mais ce sont aussi deux réalités sociales et économiques fortement imbriquées.

Sur votre vélo, vous traversez la campagne française. Ces zones rurales qui se sentent souvent délaissées par l’État et qui ont tendance à voter pour l’extrême droite. Quelles impressions avez-vous eues de ces régions?

Au cours des deux premières étapes, je n’avais pas du tout un sentiment de territoires délaissés. Toutefois, nous veillerons aussi à traverser des zones moins privilégiées, qui composent ce qu’on surnomme «la diagonale du vide»*. L’urbanisation et la concentration des ressources économiques ne sont pas seulement un problème en France, mais aussi en Suisse. Nous ne devons pas oublier que l’essor économique ne peut pas se faire aux dépens de zones moins centrales, comme les régions de montagnes ou les vallées en Suisse. Cependant, je suis un voyageur qui observe, sans porter de jugement. J’essaie aussi de voir où sont les points de convergences et les possibilités. Nous pouvons être le trait d’union entre la réalité française et les entreprises suisses, et l’inverse également. C’est aussi cela l’objectif du projet.

>> Roberto Balzaretti explique son projet dans une vidéo:

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