«Prendre position est un poison pour la neutralité»

La neutralité est plus importante que jamais, estime la conseillère nationale de l’Union démocratique du centre (UDC, droite conservatrice) Yvette Estermann, car la Suisse ne peut jouer les médiateurs et promouvoir la paix que si elle ne se positionne pas.

Ce contenu a été publié le 11 février 2021 – 11:38 neutralité suisseLien externe remonte au 20 novembre 1815, à la suite du «Congrès de Vienne». Ce jour-là, la Suisse a obtenu des grandes puissances un acte de reconnaissance et de garantie de sa neutralité perpétuelle. Depuis, la Confédération s’est toujours plus ou moins arrangée avec cette neutralité.

Lors de la guerre franco-prussienne de 1870 et durant la Première Guerre mondiale, la Suisse a bénéficié de cette neutralité car elle n’a pas eu à prendre parti.

L’aspect humanitaire s’est avéré être un point central de la neutralité. Il a pris de l’importance durant les deux guerres mondiales ainsi que durant la Guerre froide. La Suisse a pu rester en dehors des événements, ce qui lui a permis d’aider et de servir d’intermédiaire. Personne ne peut dire quelles auraient été les conséquences de la Seconde Guerre mondiale pour la Suisse si elle avait soutenu Hitler… ou le camp adverse.

La neutralité est un bien très précieux qui joue un rôle majeur, peut-être même décisif, en temps de paix comme en période guerre.

KFORLien externe) – sont d’une grande importance pour la population de ce pays. Les habitants savent que les soldats appartiennent à une nation neutre. Cet état de fait ne joue peut-être pas de rôle important en dehors du Kosovo, mais pour ceux qui sont directement touchés c’est un élément majeur.

Que se passerait-il si la Suisse renonçait à sa neutralité? Le monde deviendrait-il meilleur ou plus pacifique? J’en doute et je suis convaincue que la Suisse, en tant que pays neutre, doit assumer son rôle considérable sur cette planète. Aujourd’hui et à l’avenir. Sans la Suisse agissant comme médiatrice et intermédiaire, le monde serait encore plus chaotique. Et nous ne pouvons tout simplement pas nous le permettre.

Les opinions exprimées dans cet article sont uniquement celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position de swissinfo.ch.

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