Suisse

Pourquoi autant d’émotions autour des éoliennes?

Deux éoliennes


Les éoliennes ne brassent pas que du vent, mais aussi beaucoup d’émotions.


Keystone

Elles tuent les oiseaux et gâchent le paysage: ce sont les arguments les plus courants contre les éoliennes. Il y en a actuellement 47 en Suisse, mais avec la nouvelle Loi sur l’approvisionnement en électricité, qui sera soumise au peuple le 9 juin, ce chiffre passerait à 200-300.

Nous rencontrons Elias Vogt, hôtelier et opposant à l’énergie éolienne, sur le Chasseral, dans le massif du Jura. Avec son association «Paysage Libre SuisseLien externe», il se bat contre la nouvelle Loi sur l’approvisionnement en électricitéLien externe. Surtout en raison de l’expansion prévue de l’énergie éolienne.

«Il existe en Suisse des projets d’éoliennes de 250 mètres de haut; c’est énorme, presque inimaginable», dénonce-t-il. Elias Vogt critique également le fait que la nouvelle loi autoriserait l’installation d’éoliennes dans les zones forestières, ce qui à ses yeux «serait mauvais pour notre nature et pour les forêts».

La Loi sur l’approvisionnement en électricité devrait faciliter la construction d’éoliennes dans certaines zones clairement définies. Cette construction devrait également être possible dans les forêts, sous certaines conditions, par exemple le remplacement des arbres abattus.

La Suisse compte actuellement au total 47 grandes éoliennes. Avec la nouvelle loi, il devrait y en avoir environ 200 d’ici 2035, selon le ministre de l’Énergie Albert Rösti. Pour sa part, Elias Vogt table plutôt sur 750 à 1000 éoliennes. À titre de comparaison, l’Autriche compte plus de 1400 éoliennes.

Les entreprises du secteur de l’énergie souhaitent construire plus d’éoliennes. Alpiq exploite un parc éolien, tout près du Chasseral: Le Peuchapatte. Le chef de projet, Raynald Golay, espère que la nouvelle loi sera acceptée par le peuple le 9 juin. «L’énergie éolienne nous fournit l’électricité dont nous avons un besoin urgent en hiver, argumente-t-il. Nous espérons que les procédures seront un peu plus courtes et que nous pourrons aller de l’avant en matière de transition énergétique.»

Raynald Golay explique qu’avant la construction d’une éolienne, on mène de nombreuses études sur l’impact environnemental, ainsi que sur les oiseaux et les chauves-souris de la région.

Lorsqu’on discute avec la population des villages où un parc éolien doit être construit, on entend souvent des arguments émotionnels. À Sonvilier, dans le Jura bernois, par exemple, les gens disent: «Cela dénature le paysage, nous préférons les arbres aux éoliennes», ou encore: «Je suis pour les énergies nouvelles, mais plus pour le solaire que pour l’éolien». Même des personnes pourtant favorables à l’énergie éolienne ne veulent pas d’installations trop proches de leur domicile.

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«Un chat est beaucoup plus dangereux»

À Montreux, nous rencontrons une partisane de longue date de l’énergie éolienne. Jacqueline de Quattro était membre du gouvernement vaudois jusqu’il y a cinq ans et à ce titre responsable du secteur cantonal de l’énergie. C’est à cette époque qu’elle a été confrontée au caractère émotionnel de ce dossier.

Jacqueline de Quattro a alors entendu de nombreuses déclarations pour le moins étranges. «Les hamsters meurent dans leur roue, le lait se dégrade, les gens deviennent fous à cause des ombres que les éoliennes projettent…», cite-t-elle.

Si des oiseaux migrateurs traversent certaines zones, il faut être prévenant et couper les éoliennes pendant un certain temps, explique-t-elle, mais on ne peut pas dire qu’une éolienne anéantirait les oiseaux. «Je suis désolée, mais un chat domestique est beaucoup plus dangereux pour les oiseaux», déclare Jacqueline de Quattro. Lorsqu’elle était directrice du Département vaudois de l’énergie, des tracts ont été distribués pour mobiliser l’opinion publique contre les éoliennes et même contre elle personnellement.

Aujourd’hui conseillère nationale du Parti libéral-radical (PLR, droite), Jacqueline de Quatro est favorable à la Loi sur l’approvisionnement en électricité, car la Suisse a besoin de sécurité, tant en matière d’approvisionnement que d’investissements. «Il est important de savoir dans quelles zones les éoliennes peuvent ou ne peuvent pas être construites. Dans les zones où aucune construction n’est prévue, la nature sera mieux protégée qu’elle ne l’est actuellement», argumente-t-elle.

«La Suisse n’est pas un pays de vent»

Retour au Chasseral. L’opposant à l’énergie éolienne Elias Vogt a lui aussi une explication concernant l’émotivité du sujet. «La Suisse n’est pas un pays de vent; cette technologique n’a pas sa place en Suisse», déclare-t-il, en ajoutant que dans toute l’histoire du pays, il n’y a eu qu’un seul moulin à vent, au Moyen-Âge.

Les éoliennes sont une technologie relativement nouvelle. C’est peut-être aussi la raison pour laquelle elles suscitent de telles réactions. De plus, compte tenu de leur taille, elles sont visibles de loin. Actuellement, l’énergie éolienne ne représente que 0,3% de la production d’électricité en Suisse, mais le thème reste hautement émotionnel.

Traduit de l’allemand à l’aide de DeepL/op

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