Les Européens et Européennes veulent plus de démocratie suisse

Lors d’une Landsgemeinde à Glaris. Samuel Trümpy

Peu de pays sont aussi satisfaits de leur propre politique que la Suisse. Les pays voisins considèrent la Confédération comme un modèle de démocratie pour l’Union européenne (UE), comme le montre un nouveau sondage.

Ce contenu a été publié le 24 novembre 2021 – 10:38


PDF, en allemand uniquementLien externe) menée par l’institut de sondage gfs.bern, est dans la droite ligne des années précédentes.

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Codirecteur et membre du conseil d’administration de l’institut de sondage gfs.bern, Urs Bieri a réuni une équipe pour étudier le degré de satisfaction vis-à-vis de la politique en Suisse et dans les pays voisins. Pour ce faire, elle a interrogé environ 1000 personnes en Suisse, en Allemagne, en Autriche, en Italie et en France.

Alors que l’enquête en Suisse portait sur le système politique national, l’équipe de recherche a voulu se pencher sur la satisfaction vis-à-vis de l’UE dans les pays voisins. Une fois de plus, il s’avère que la population de Suisse est plus satisfaite que celle des pays voisins.

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90% des personnes adultes qui vivent en Suisse se disent plutôt ou très satisfaites du système politique helvétique. En revanche, seulement 50% de celles interrogées dans les pays voisins de l’UE font part de leur satisfaction envers le système politique de l’UE.

La démocratie directe favorise la satisfaction

Le degré de satisfaction est toujours élevé en Suisse, particulièrement en ce qui concerne les possibilités de participation aux décisions – 93% des personnes interrogées en sont plutôt ou très satisfaites. La liberté d’expression, les élections parlementaires et la liberté de manifester pour des causes politiques contribuent toutes à la satisfaction générale vis-à-vis de la politique. Mais «parmi tous les moyens de participation, la démocratie directe est particulièrement importante», déclare Urs Bieri.

Les pays voisins de la Confédération donnent une note nettement moins bonne aux possibilités de participation dans l’UE. Moins de la moitié (48%) de la population résidente les juge satisfaisantes.

Mais dans quelle mesure le système politique suisse peut-il être comparé à celui d’une association d’États comme l’UE? «On ne peut pas comparer directement le système, mais on peut comparer l’effet de la démocratie sur la vie et le quotidien», explique Urs Bieri. L’étude n’a pas pour but de juger quel système politique est le meilleur, mais de voir et d’apprendre comment d’autres systèmes résolvent les problèmes.

Les pays voisins de l’UE souhaitent une démocratie directe à la suisse

Pour les personnes interrogées dans les pays voisins, l’UE pourrait apprendre beaucoup de choses de la Suisse. Qu’il s’agisse de l’élection du gouvernement et du Parlement, du fédéralisme ou de la liberté d’expression, la Suisse est systématiquement perçue comme supérieure à l’UE.

Là encore, la démocratie directe est particulièrement importante. 77% des personnes interrogées dans les pays voisins sont plutôt ou nettement favorables à ce que l’UE reprenne de la Suisse la possibilité de pouvoir voter sur les lois ou les modifications constitutionnelles. 75% souhaitent pouvoir participer à l’élaboration de la politique de l’UE par le biais d’initiatives et de référendums, comme c’est le cas en Suisse.

Y aura-t-il donc bientôt une réforme politique de l’UE sur le modèle helvétique? «Le sondage montre l’opinion de la population et sa perception au quotidien. Les contraintes politiques n’y jouent aucun rôle», relativise Urs Bieri.

Il souligne: «La Suisse s’est construite dans son système politique sur une longue période – parfois sous la pression de l’extérieur, comme pour le droit de vote des femmes.» Selon lui, la Suisse a eu beaucoup de temps pour apprendre à gérer la démocratie directe. «C’est une des raisons pour lesquelles l’introduction de la démocratie directe du jour au lendemain ne fonctionnerait pas partout.»

Urs Bieri a été surpris par l’évaluation flatteuse de la Suisse par les personnes sondées des pays voisins: «Il y a certes des points en Suisse qui sont souvent critiqués, par exemple le manque de transparence du financement des partis ou l’intégration insuffisante des minorités. Mais ce n’est pas du tout perçu comme tel dans les pays voisins.»

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