Les cinq start-ups suisses appelées à conquérir le monde

Consacrée meilleure start-up suisse de 2020, Cutiss recrée en laboratoire de la peau humaine qui peut reprendre la couleur de l’épiderme du patient, protéger du soleil et contenir des vaisseaux sanguins et lymphatiques. WyssZürich

Ce contenu a été publié le 10 septembre 2020 – 15:50 Swiss Venture Capital Report (rapport sur le capital-risque), les investissements ont certes diminué dans la première moitié de 2020 par rapport à l’année record 2019, mais ils ont fortement progressé au second trimestre. Le secteur des start-ups n’en reste pas moins fragile et on ne saura qu’au début de l’année prochaine dans quelle mesure il a été touché par cette crise atypique, qui a plongé toute l’économie suisse dans la récession.

Si la situation économique reste incertaine, les start-ups suisses ont à l’évidence gardé un formidable esprit créatif, comme l’a démontré encore une fois la cérémonie de remise des TOP 100 Swiss Startup Award 2020, qui s’est tenue mercredi à Zurich. Ce concours, qui en est à sa dixième édition, offre une occasion idéale de vérifier régulièrement le dynamisme du secteur et de découvrir des solutions innovantes, qui pourraient marquer la décennie à venir.

Voici les cinq premières start-ups de 2020 – qui cette année sont toutes de la région de Zurich. Elles ont été sélectionnées par le jury du concours sur la base de leur degré d’innovation et de leur potentiel de croissance.

Cutiss a développé une technologie capable de recréer de la peau, à partir de cellules de l’épiderme et du derme du patient, qui sont cultivées en laboratoire. Ce substitut de peau, qui peut atteindre 70 fois la surface prélevée, est transplanté sur les parties lésées du patient, avec des résultats bien meilleurs que ceux des méthodes utilisées jusqu’ici: les greffes de peau sont moins fines, plus élastiques, et laissent peu de cicatrices. Cette nouvelle méthode de chirurgie réparatrice offre de grands espoirs à des millions de personnes, victimes chaque année de brûlures ou de dommages cutanés provoqués par des accidents, des maladies ou des opérations.

Wingtra est déjà utilisé aujourd’hui dans une septantaine de pays pour des missions de cartographie et de relevés topographiques. Cet appareil hybride, qui décolle comme un hélicoptère mais vole comme un mini avion est capable de parcourir rapidement de très grandes distances. Il est utilisé entre autres pour la recherche scientifique, la construction, la planification du territoire, la prospection industrielle, minière et agricole.

Piavita a développé un système de capteurs qui permet aux propriétaires de chevaux, aux cliniques et aux vétérinaires de surveiller à distance, via une application, les animaux malades ou convalescents. Les capteurs enregistrent leurs paramètres vitaux – comme la température ou la respiration – et les envoient vers un serveur où ils sont analysés par des algorithmes spécifiques. Ce système offre de nouvelles perspectives à la médecine vétérinaire, qui jusqu’ici n’avait que peu progressé dans le domaine de la numérisation.

Un gendarme pour la sécurité informatique

En quelques années, la start-up Exeon Analytics a réussi à se faire sa place sur le marché très concurrentiel de la cybersécurité. Son logiciel d’analyse des données permet aux entreprises de surveiller leur trafic réseau et de prévenir les cyberattaques, souvent bien cachées parmi les millions d’activités des utilisateurs. Développés à l’École polytechnique fédérale de Zurich, les algorithmes de la jeune entreprise servent déjà à protéger diverses entreprises suisses et européennes, dont Postfinance.

Un remède pour le foie

La start-up de biotechnologie Versantis a mis au point des tests diagnostiques et de nouvelles thérapies contre des maladies du foie, en particulier l’insuffisance hépatique aiguë, qui reste relativement rare, mais dont les effets sont mortels. Parmi ses produits de pointe, un fluide contenant des microliposomes est capable d’éliminer en quelques heures les toxines accumulées en raison d’une insuffisance hépatique. Les maladies du foie sont en forte croissance, en raison notamment du vieillissement de la population et d’une mauvaise hygiène de vie, comme la consommation d’aliments industriels, d’alcool et de stupéfiants.