Le Parlement suisse glisse clairement à gauche

Deux femmes sous un parapluie coloré

Les deux Tessinoises Marina Carobbio (PS) et Greta Gysin (PES), la première élue contre toute attente au Conseil des États et la seconde élue au Conseil national.

(Keystone / Samuel Golay)

La composition finale des deux Chambres du Parlement suisse est désormais connue. Ce législatif plus jeune, plus féminin et plus à gauche pourrait déjà faire bouger certains dossiers lors de la session de décembre.

Le visage définitif du Parlement suisse enfin dévoilé: les cantons de Bâle-Campagne, d’Argovie et de Schwytz étaient les derniers hier à élire leurs représentants à la Chambre haute (Conseil des États). Quelques surprises ont marqué ce second tour au Tessin et à Fribourg: la socialiste Marina Carobbio a piqué le siège du sortant démocrate-chrétien Filippo Lombardi et la libérale-radicale Johanna Gapany a fait de même avec le fauteuil du PDC Beat Vonlanthen. Les femmes n’ont jamais été aussi nombreusesLien externe au Conseil des États avec 12 élues, mais elles ne représentent toujours que 26% de la Chambre haute.

Au Conseil national en revanche, les politiciennes peuvent faire entendre leur voix, car elles représentent maintenant 42% de l’hémicycle. Également un record historique, même si la parité n’est toujours pas atteinte. Cette hausse de la représentation des femmes à la Chambre basse est particulièrement marquée chez les socialistes (25 femmes/14 hommes) ainsi que chez les Verts (17 femmes/11 hommes), beaucoup moins au PDC (7 femmes/18 hommes) ou à l’UDC (13 femmes/40 hommes).

le succès des verts (+17 sièges au National et +4 aux États) et des Verts libéraux (+9 sièges au National) lors de ces élections, le Parlement glisse vers la gauche. La droite (UDC, PLR, UDF, Lega) a perdu 17 sièges par rapport à 2015 au Conseil national, la gauche (PS, PES, PST-SOL) en a gagné 14 et le centre (PDC, PEV, PVL, PBD) en a empochés trois. 

«Ce glissement à gauche est très net car il n’a jamais été aussi fort auparavant, relève Michael Hermann, directeur de l’institut de recherche zurichois sotomoLien externe. L’UDC et le PLR ont perdu plus de 5% de part de suffrages. Le PS a également perdu, mais beaucoup moins que les 6,2% gagnés par les Verts. Au niveau international, cela peut sembler peu, mais en Suisse ce déplacement d’un camp à l’autre est important.»

transparence des lobbyistesLien externe accrédités au Palais fédéral. Le projet a été rejeté une première fois au National, accepté aux États, puis renvoyé à la commission du National qui recommande à nouveau le rejet, mais à une voix près. La nouvelle sensibilité du Parlement l’entraînera peut-être à accepter ce contrôle accru des lobbyistes.

Les élus fraîchement assermentés pourraient aussi se montrer plus ouverts sur la transparence dans le financement de la vie politiqueLien externe et durcir le contre-projet à l’initiative populaire. Ils seraient aussi susceptibles d’entrer en matière sur la possibilité de mener des études scientifiques sur la consommation de cannabisLien externe, contrairement à ce que recommande de justesse la commission.

«Durant cette législature, il est probable que le Conseil national vote davantage comme le Conseil des États, peut-être même de façon légèrement plus progressive», conclut Michael Hermann.

Les partis représentés au Parlement:

UDC: Union démocratique du centre, droite conservatrice

Lega: Lega dei Ticinesi, droite conservatrice

UDF: Union démocratique fédérale, droite conservatrice

PLR: Parti libéral-radical, droite libérale

PDC: Parti démocrate-chrétien, centre

PBD: Parti bourgeois démocratique, centre

PEV: Part évangélique suisse, centre

PVL: Parti vert libéral, centre

PS: Parti socialiste, gauche

PES: Parti écologiste suisse/les verts, gauche

PST-Sol: Parti suisse du travail et SolidaritéS, gauche

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