Le dynamisme des villes suisses comme moteur de l’immigration

Bâle accueille de plus en plus d’étrangers. Ici, des participants de différentes nationalités suivent un cours de conversation en allemand au Musée de la pharmacie à Bâle. 

(Keystone)

Les grandes villes helvétiques revêtent une dimension toujours plus internationale. Genève, Lausanne, Zurich et Bâle accueillent de plus en plus d’immigrés. Bâle connaît la plus forte augmentation du nombre d’étrangers, alors que Berne fait figure d’exception.

Un cinquième des étrangers installés en Suisse vit dans des villes de plus de 100’000 habitants. Dans les cinq plus grandes villes suisses – Zurich, Bâle, Genève, Lausanne et Berne – au moins une personne sur quatre n’a pas de passeport rouge à croix blanche. Cette proportion augmente depuis 1990 dans les centres urbains. Même si elle est la capitale du pays, Berne est un cas particulier, car elle accueille relativement peu d’étrangers par rapport aux autres villes. 

Etienne PiguetLien externe, professeur de géographie humaine à l’Université de Neuchâtel et vice-président de la Commission fédérale des migrations.

C’est principalement le dynamisme économique qui attire les ressortissants étrangers, explique le spécialiste. Une attractivité qui se traduit non seulement par la présence d’entreprises actives à l’international mais aussi par l’ouverture d’une ville sur le monde. Par ailleurs, des facteurs spécifiques à chaque cité influencent la proportion d’immigrés.

Patrick KochLien externe, collaborateur scientifique du service de l’intégration du canton de Bâle-Ville. Il est en effet plus facile et moins onéreux de trouver un endroit pour se loger à Bâle. En 2018, seuls 0,2% des appartements de Zurich étaient vacants. Inversement, à Bâle, la part de logements disponibles a légèrement augmenté ces dernières années, passant de 0,3 à 0,7 %. De plus, les loyers y sont moins coûteux. 

Zurich – un véritable aimant

Zurich continue toutefois à tenir sa place d’important pôle d’attraction, surtout grâce à ses entreprises internationales dans le secteur financier et bancaire. L’industrie des sciences de la vie, les industries de la culture et de la création en pleine expansion, l’Ecole polytechnique fédérale (EPFZ) et l’Université de Zurich attirent également de nombreux collaborateurs étrangers.

Il est aussi récemment devenu plus facile de trouver un emploi à Zurich que dans les années 1990. De nombreux emplois ont été créés au cours des 20 dernières années, dans le secteur des technologies informatiques, dans les services sociaux, mais aussi dans les services et les sciences.

Berne – l’effet administration

Seule la capitale de la Suisse se comporte différemment des autres grandes villes du pays: la part d’étrangers y a légèrement diminué depuis 2016. Un peu moins d’un quart des habitants n’a pas de passeport suisse. Une proportion très faible par rapport aux autres villes, qui était même inférieure à celle de l’ensemble de la Suisse en 2017.

Le tissu économique de la capitale, très différent de celui de Zurich, Bâle ou Genève, explique cette particularité. Peu d’entreprises internationales, qui attirent en principe des étrangers, y sont installées, explique Susanne RebsamenLien externe, du centre de compétences pour l’intégration de la ville. En outre, Berne n’a pas non plus été une ville industrielle comme Bâle, ce qui l’a rendu moins attrayante pour les travailleurs étrangers. C’est l’administration fédérale qui marque fortement l’économie de la capitale, un secteur dans lequel les étrangers sont sous-représentés parmi les employés. 

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