Le bracelet suisse qui défie les géants de la tech

De gauche à droite, Mattia Bertschi, Olivier Grossenbacher et Josep Sola, trois ingénieurs à l’origine d’une nouvelle technique de mesure de la pression artérielle. swissinfo.ch

La start-up helvétique Aktiia vient de lancer le premier bracelet intelligent capable de mesurer la pression artérielle en continu. Une innovation qui a vu le jour à Neuchâtel et qui place la Suisse à l’avant-garde d’un marché très convoité par les géants américains et asiatiques de la technologie.

Ce contenu a été publié le 12 février 2021 – 09:12 un articleLien externe dithyrambique consacré à Aktiia. Alors oui, comment une petite start-up de Neuchâtel a-t-elle pu devancer des multinationales qui attirent les meilleurs ingénieurs de la planète et investissent chaque année des dizaines de milliards de dollars dans la recherche et le développement de leurs produits?

«On a beau avoir tout l’argent du monde à disposition, il y a une chose qu’on ne peut pas acheter: le temps»

Mattia Bertschi, co-fondateur d’Aktiia

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Aktiia n’a pas gagné la course au finish, elle est simplement partie beaucoup plus tôt que tous les autres. «On a beau avoir tout l’argent du monde à disposition, il y a une chose qu’on ne peut pas acheter: le temps. Or, nous avons commencé à travailler sur cette technologie bien avant tout le monde puis surmonté avec succès un processus très laborieux de tests et de validations», avance Mattia Bertschi.

Le bracelet connecté d’Aktiia n’aurait pas pu voir le jour sans l’aide du Centre suisse d’électronique et de microtechnique de Neuchâtel (CSEM), un institut de recherche spécialisé dans le transfert de technologies vers l’industrie qui compte plus de 500 collaborateurs. Mattia Bertschi, Josep Sola, l’autre cofondateur Aktiia, et Olivier Grossenbacher ont travaillé ensemble au CSEM sur cette nouvelle technologie de mesure de la pression artérielle avant de lancer leur propre entreprise pour la commercialiser. «Le CSEM est un milieu très créatif où l’on peut vraiment s’amuser en tant qu’ingénieur», note Mattia Bertschi.

Aktiia en bref

La start-up Aktiia a été créée en 2018 par Mattia Bertschi et Josep Sola, deux anciens collaborateurs du Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM) de Neuchâtel.

La société compte des capitaux suisses et américains. Elle a récolté quatre millions de francs lors sa première levée de fonds en 2018, puis six millions lors du second tour en mars 2020.

Développée et brevetée au CSEM, la technologie utilisée dans les bracelets d’Aktiia a reçu en 2017 le Prix Neode pour la meilleure innovation technico-médicale de Suisse.

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Rachat inévitable

Aktiia n’est pas la seule start-up helvétique active dans le domaine des Medtech à profiter de la technologie sous licence du CSEM. La société vaudoise BiospectalLien externe a développé un système permettant de vérifier sa tension artérielle en posant son doigt sur la caméra du smartphone. La start-up zurichoise AVA a pour sa part mis au point un bracelet en mesure de déterminer avec précision les périodes de fertilité chez les femmes.

Autre pousse née à Zurich, Biovotion a quant à elle développé un appareil se portant sur le haut du bras capable de mesurer un grand nombre de paramètres tels que la fréquence cardiaque, la saturation en oxygène ou l’expansion et la contraction des vaisseaux sanguins. Biovotion a été rachetée il y a un peu plus d’une année par le groupe américain Biofourmis, spécialisé dans la médecine personnalisée et numérique.

«Tôt au tard, ce sera aussi notre tour. C’est dans l’ADN de toute start-up de se faire racheter», souligne Mattia Bertschi. En attendant ce jour, les deux cofondateurs d’Aktiia savourent les nombreuses sollicitations et demandes de collaboration émanant des géants de la technologie. Une sacrée reconnaissance pour ces pères de famille qui ont investi une bonne partie de leurs économies et de leur temps pour développer une application qui permettra peut-être un jour de sauver des milliers de vies.  

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