La relance de la politique de milice suisse passe par l’économie

Cette année, le Prix Milice de Swiss Re qui récompense l’engagement en faveur du système politique de milice est revenu à la Fédération des parlements des jeunes. © Keystone / Alessandro Della Valle

La mondialisation ébranle l’un des piliers du système étatique suisse: le système politique de milice. Mise en cause, l’économie suisse «internationalisée» collabore à la recherche de remèdes, sur une base scientifique.

Ce contenu a été publié le 15 octobre 2020 – 09:47 système de milice suisse n’est plus la règle que dans les législatifs cantonaux et communaux et dans les exécutifs des communes de petite et moyenne taille. Et dans ces dernières, les citoyens disposés à assumer un mandat au sein de l’exécutif ou d’une commission se font de plus en plus rares.

Année du travail de milice», décrétée en 2019 par l’Association des communes suisses pour favoriser une discussion approfondie autour de ce thème.

L’initiative a porté ses fruits. Les nombreux débats et événements organisés durant toute l’année 2019 ont permis non seulement d’identifier les causes des problèmes rencontrés dans un système politique basé sur le principe de mandats exercés accessoirement en marge d’un travail principal, mais également de chercher des solutions.

Handicap professionnel

Parmi les principales raisons expliquant la réticence croissante des Suisses à assumer des fonctions publiques, deux d’entre elles sont mentionnées en permanence et sont étroitement liées au monde des affaires suisse: le manque de reconnaissance dans le CV du travail effectué au sein des institutions politiques et l’incompatibilité de ce dernier avec une activité professionnelle en raison du manque de temps.

Des études et des comparaisons ont mis en évidence la dichotomie entre le discours des organisations économiques et de nombreuses entreprises, qui proclament leur soutien au système politique de milice, et la pratique qui entrave l’exercice de ces mandats. Il n’est pas rare, en effet, que la réduction du temps de travail pour se consacrer à un mandat politique soit un frein à la carrière, car dans les promotions, la tendance est plutôt de préférer ceux qui s’engagent à 100% dans l’entreprise.

PoliWork, un projet commun de la Haute École spécialisée des Grisons (FHGR) et d’Andreas Müller, qui implique également les institutions politiques et la société civile.

L’objectif de ce projet scientifique est de développer des mesures d’incitation et de soutien, afin d’améliorer la compatibilité entre activité professionnelle et mandat politique de milice. Ces mesures doivent ensuite être rassemblées et analysées dans une boîte à outils en ligne, sur le modèle de ce que l’équipe de la FHGR a déjà fait en 2019 pour la promotion des jeunes adultes dans les exécutifs municipaux, appelée PROMO 35.

Association suisse des cadres (ASC) s’est également engagée sur le terrain pour combler une lacune: la reconnaissance des compétences acquises dans l’exercice de mandats de milice. En coopération avec l’Association des communes suisses, l’ASC promeut le «Certificat en gestion communale» qui certifie les compétences de gestion. Il peut être obtenu par des personnes ayant au moins quatre ans d’expérience dans un cadre communal.

La certification est une valeur ajoutée qui permet aux membres des exécutifs communaux et aux maires de consolider leur profil professionnel. L’objectif est de stimuler l’intérêt des citoyens pour ces mandats. Cela permet également de sensibiliser les entreprises à l’utilité de cette richesse de connaissances et d’expériences.

Le «Prix Milice» de Swiss Re a 20 ans

La valeur du système de milice suisse est reconnue et honorée par une société suisse active à l’échelle mondiale: Swiss Re.

Depuis 2001, la société de réassurance remet son «Prix Milice», doté de 40’000 francs, à des personnes «qui démontrent un engagement exceptionnel dans une activité au service de la communauté, parallèlement à leurs obligations professionnelles».

Le Prix 2020 a été décerné à la Fédération suisse des parlements des jeunes, qui célèbre ses 25 ans d’activité.

Les 40’000 francs de prix seront redistribués aux membres pour la réalisation de projets concrets, dans le cadre d’un concours.

Les gagnants de ce concours seront récompensés le 23 octobre à Nyon (Vaud).

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