La pharma moins mobilisée sur la Covid-19 que le secteur public

L’industrie pharmaceutique est souvent présentée comme le fer de lance pour trouver un remède à la pandémie. Pourtant, côté traitement, le poids de la recherche est largement supporté par d’autres institutions, majoritairement publiques.

Une employée d'une entreprise pharmaceutique suisse.

Une employée d’une entreprise pharmaceutique suisse teste un nouveau médicament (image d’illustration).

(Keystone / Gaetan Bally)

Gilead et son Remdesivir, Sanofi ou Novartis et la controversée Hydroxychloroquine, Roche et son Actemra: depuis le début de la crise du coronavirus, ces grands noms de la pharma sont apparus comme source possible de traitement, avant que la plupart des espoirs qu’ils portaient ne soient douchés.

Aujourd’hui, un traitement totalement efficace reste à trouver. Si l’industrie semble avoir focalisé les espoirs, une analyse de la RTS sur les études ciblant le virus montre que ce n’est pas du côté de la pharma que les plus gros efforts sont menés pour trouver un médicament.

Effort limité de l’industrie

Depuis le début de la crise, 421 essais cliniques de phases 2 et 3 sur des médicaments ont été recensés par l’OMS et les autorités américaines (hors-vaccin et appareils techniques). Ces phases correspondent aux dernières étapes de test sur les humains, avant utilisation à grande échelle.

Seul un essai sur cinq est conduit par un entreprise pharmaceutique, de manière indépendante ou en collaboration avec d’autres acteurs. Par rapport à l’ensemble des essais de phase 2 et 3 menés en 2019, la part de l’industrie dans ces études est réduite de moitié.

Medicines Law and PolicyLien externe. « L’attitude de l’industrie était tout à fait frappante en début d’épidémie. Pour s’impliquer, leur message était ‘nous voulons plus d’argent' », explique cette spécialiste des questions de santé et de propriété intellectuelle.

Invitée à réagir à ces chiffres, Interpharma, l’association des entreprises pharmaceutiques suisses, ne souhaite pas les commenter mais affirme qu’il existe actuellement « une collaboration sans précédent entre les entreprises pharmaceutiques, les gouvernements, le monde universitaire, les secteurs privé et philanthropique pour découvrir, développer et commercialiser de nouveaux traitements ou réorganiser les moyens de production. »

De son côté, la Fédération internationale des associations pharmaceutiques et fabricants (IFPMA) a réagi après la publication de cet article. Par la voix de son directeur général, Thomas Cueni, elle affirme que « dès le début de la pandémie, l’industrie pharmaceutique a pris conscience de l’ampleur de la crise et a très vite fait passer la santé publique avant les bénéfices privés. L’industrie pharmaceutique a publiquement souligné son engagement à garantir un accès rapide, équitable et abordable aux thérapies et vaccins pour la Covid-19 une fois approuvés. »

L’IFPMA renvoie à son site internet, qui recense les initiatives prises par l’industrieLien externe dans le contexte du coronavirus.

Réactivité exceptionnelle des HUG

Il n’en reste pas moins que plus de la moitié des essais (54%) sont conduits par des institutions publiques. Environ 15% émanent d’oeuvres philanthropiques et d’universités privées. Une part à peu près équivalente provient d’organismes purement privés (pharma, cliniques privées, organisations de soins intégrés…) et de partenariats.

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