Credit Suisse boit la tasse et le risque financier refait surface

«Une période pénible et des décisions difficiles nous attendent», reconnait le nouveau président de Credit Suisse Antonio Horta-Osario. Keystone / Andy Rain

L’ardoise est salée pour Credit Suisse, qui a massivement investi dans Greensill et Archegos. Piqués au vif, régulateur et politiciens examinent les erreurs de la deuxième banque du pays et la manière de prémunir l’investisseur contre une gestion du risque défaillante. Plusieurs experts suggèrent aussi de s’en prendre à la culture d’entreprise.

Ce contenu a été publié le 24 juin 2021 – 09:58


Finanz und WirtschaftLien externe. Pour lui, les erreurs de Credit Suisse «ne justifient pas que nous imposions des règles plus strictes à tout le monde.»

Un changement de culture

Une position que ne partagent pas les socialistes. Le PS creusera ce dossier au Parlement en examinant notamment la culture des bonus et la nécessité de renforcer les pouvoirs de régulation et de supervision de l’Etat.

Angelo Ranaldo met toutefois en garde contre toute mesure intempestive. «Parfois, la régulation a des effets inattendus. Si le régulateur exige des banques davantage de capital pour couvrir les risques, cela pourrait les inciter à prendre plus de risques pour financer leur mise en conformité avec cette réglementation.“

À ses yeux, les régulateurs nationaux auraient plutôt intérêt à mieux communiquer entre eux afin d’identifier plus efficacement où se situent réellement les risques dans le cadre de transactions compliquées qui font fi des frontières.

Une réponse pourrait selon lui consister à renforcer la surveillance réglementaire sur certaines entités. «Si vous êtes une banque enregistrée comme telle, vous devez rapporter quotidiennement vos positions de trading, détenir des réserves en capital, déclarer vos rémunérations et démontrer que vous contrôlez votre risque. Si vous n’êtes pas une banque, par contre, mais un fonds spéculatif par exemple, vous êtes exemptés d’une grande partie de ces obligations.»

L’avenir dira si régulateur et politiciens suisses mettront les derniers déboires de Credit Suisse sur le compte d’erreurs isolées ou s’ils y verront des signes de faiblesses du cadre réglementaire du système financier.

Pour sa part, Antonio Horta-Osario ne se fait aucune illusion sur l’ampleur de la tâche qui l’attend chez Credit Suisse. «Nous devons encourager une culture qui renforce l’importance de la gestion des risques, nous assurer que nous avons les bonnes incitations en place, y compris celles liées à la rémunération, et nous concentrer sur les responsabilités personnelles et l’obligation de rendre des comptes», a-t-il déclaré au moment de sa prise de fonction le 30 avril dernier.

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