Comment un jeu vidéo suisse apprend aux enfants à battre le coronavirus

Le CoronaQuest s’adresse en premier lieu aux enfants dans l’âge de la scolarité obligatoire. Canton of Vaud

Élaboré en Suisse, CoronaQuest est un jeu sur ordinateur qui aide les élèves à se protéger face au coronavirus. Il leur apprend aussi à faire face aux peurs engendrées par la pandémie.

Ce contenu a été publié le 09 octobre 2020 – 14:43 En savoir plus sur l’auteur.e | Rédaction en langue chinoise

Ce jeu éducatif, lancé par le canton de Vaud en mai pour les élèves âgées de 4 à 16 ans, a été joué 342’000 fois dans le monde (chiffres de fin septembre). Il existe désormais en 11 langues.

«J’ai fait découvrir ce jeu à mon fils de 5 ans et nous avons joué les deux premiers niveaux», indique Julien Schekter, responsable de la communication du Département vaudois de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC), qui a également dirigé l’équipe qui a développé le jeu.

Aspect psychologique

Julien Schekter rappelle qu’il y a eu un regain d’intérêt pour les jeux informatiques au plus fort de la crise du coronavirus. Cela a conduit au développement d’un certain nombre de jeux éducatifs dans lesquels les héros portent des masques et adoptent une distance sociale. Mais pour autant qu’il le sache, «seul ce jeu suisse CoronaQuest ajoute un aspect psychologique».

C’était un élément clef pour le canton, qui a lancé le jeu lorsque les élèves sont retournés à l’école obligatoire le 11 mai, après un blocage de huit semaines à l’échelle nationale.

«La tâche supplémentaire consistait à aider les enfants à faire face à leurs craintes concernant le virus et à leur anxiété quant au retour à l’école. Certains enfants ont souffert d’isolement, ont perdu des proches ou ont vécu des conflits familiaux. Les personnages du jeu vivent également ces choses. Cela aide à entamer un dialogue dans une salle de classe», explique Julian Schekter.

Vaincre le virus

Ce jeu de cartes en ligne vise à vaincre le coronavirus. Ce dernier dispose de cartes représentant des symptômes physiques comme «Toux», «Fièvre» ou «Fatigue», mais peut aussi réaliser des attaques avec des cartes nommées «Peur», «Solitude» ou «Pauvreté». De leur côté, les joueurs peuvent se défendre et battre le virus avec des cartes telles que «Désinfection», «Parent», «Infirmière» ou encore «Ami».

Il existe désormais quatre niveaux de jeu, le dernier ayant été ajouté pour le début du trimestre d’automne. Au fil des niveaux, non seulement les menaces du virus deviennent plus sophistiquées, mais de nouvelles cartes d’aide apparaissent également. Il s’agit notamment des cartes «Politicien», inspirée du ministre suisse de la Santé Alain Berset, «Journaliste» ou encore «Statisticien». Certaines de ces nouvelles cartes ont été suggérées par de jeunes joueurs qui ont envoyé des dessins à l’équipe de développement.

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Diffusion internationale

Les concepteurs ayant tenu compte des élèves d’origine étrangère, le jeu a été traduit dans les dix langues les plus parlées du canton de Vaud (français, allemand, italien, anglais, espagnol, portugais, albanais, croate, serbe et bosniaque). Mais le jeu a été découvert par des utilisateurs de plus de 80 pays.

La 11e langue est désormais le roumain, après qu’un groupe d’enseignants roumains eut pris contact avec les développeurs et demandé s’ils pouvaient le traduire pour leurs élèves. L’équipe vaudoise a ajouté gratuitement cette nouvelle version au jeu.

«Le jeu a été conçu pour aider les enfants et les familles du canton de Vaud, mais nous sommes ravis qu’il puisse également être utile en Suisse et dans le monde entier», souligne Julian Schekter.