Comment gérer la lassitude face au coronavirus?

© Keystone / Gaetan Bally

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle à combattre la lassitude croissante des populations face à la pandémie de coronavirus. Selon un sondage, jusqu’à 60% des Européens sont en colère contre les restrictions imposées par les gouvernements. Certains n’appliquent plus les consignes correctement et cette «lassitude pandémique» sape les efforts visant à limiter la propagation du virus.

Ce contenu a été publié le 16 octobre 2020 – 14:24 >> Lien vers le Podcast en anglais

Communiquer sur le manque d’informations

Certaines de leurs réponses ne sont pas vraiment optimistes. Par exemple, ils pensent que nous devrons vivre avec cette situation pendant encore des mois, peut-être même des années. Un vaccin ne sera sans doute pas disponible avant le milieu ou la fin de 2021.

Une des causes de cette lassitude au coronavirus est les déclarations parfois contradictoires des gouvernements. Samia Hurst-Majno conseille la Task Force sur les comportements sociaux. À ses yeux, il est inévitable que les autorités fassent parfois des déclarations contradictoires: «La situation reste confuse, car nous avons encore beaucoup à apprendre sur le virus.»

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Vu que les mesures sont constamment adaptées aux nouvelles connaissances, il est important que les gouvernements informent ouvertement la population des informations qui leur manquent. Samia Hurst-Majno suggère également d’exposer la situation comme si l’on disposait d’un «budget» de risques: plus le virus se propage, moins nous pouvons prendre de risques et plus nous devons limiter nos activités. Mais si le virus décline, nous pouvons à nouveau prendre davantage de risques, organiser des rencontres avec plus de personnes, etc.

Grands événements, risque trop grand

Pour garder le virus sous contrôle, il faut une combinaison de différents éléments explique Nicola Low: tests, traçage des contacts, isolation, masques, distance, lavage des mains, restrictions lors d’événements majeurs, bonne ventilation des zones intérieures, etc. «Je ne vois pas comment on peut assouplir certaines mesures sans en renforcer d’autres», confie-t-il.

L’épidémiologiste observe avec une certaine inquiétude le nombre croissant de cas en Suisse. Il n’est pas satisfait de la décision des autorités d’autoriser des rassemblements de plus de 1000 personnes depuis le début du mois d’octobre. Pour reprendre l’analogie de Samia Hurst-Majno, c’est un risque pour lequel la Suisse ne dispose actuellement pas de suffisamment de budget.

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Ne pas faire de promesses en l’air

Pour Ilona Kickbusch, il est important que les gouvernements «ne fassent pas de promesses qu’ils ne pourront pas tenir». Cela n’a aucun sens, par exemple, de promettre qu’un vaccin sera prêt avant Noël, alors que l’écrasante majorité des évidences scientifiques montre le contraire.

La spécialiste comprend que «les gens veulent retrouver leur vie. C’est une réaction très humaine». C’est pourquoi elle soutient pleinement l’OMS et estime qu’il est crucial que, outre les épidémiologistes, des spécialistes du comportement social conseillent également les gouvernements.

«Nous devons trouver un moyen de vivre avec le coronavirus ces deux prochaines années», souligne-t-elle. Sinon, il y aura constamment des tensions entre les moments de relâchement et les moments de renforcement des restrictions.

«Nous parlons constamment d’un retour à la normale, mais nous devons cesser de penser de cette manière, conclut Ilona Kickbusch. Nos sociétés, notre façon de vivre, la structure de nos économies, les lieux où l’on gagne de l’argent et où l’on crée des emplois sont en train d’être profondément modifiés par la pandémie en ce moment même.»

(Adaptation de l’anglais: Mischa Stünzi)