Ce qui attend la Suisse: les perspectives économiques pour 2023

L’horlogerie est l’une des branches économiques qui se porte le mieux en Suisse. Thomas Kern/swissinfo.ch

Croissance en berne, multinationales sous pression, tourisme en convalescence, industrie du luxe en pleine euphorie: dans cette sélection non exhaustive, les journalistes économiques de swissinfo.ch vous présentent les évolutions majeures qui attendent l’économie suisse en 2023.

Ce contenu a été publié le 28 décembre 2022 – 15:15


un communiquéLien externe publié mi-novembre.

5) L’horlogerie réglée sur la croissance

Tout autre son de cloche en revanche du côté de l’horlogerie, qui voit la vie en rose depuis deux ans. La reprise post-pandémique a permis à ce fleuron de l’industrie suisse d’enchaîner les exercices record: les exportations horlogères ont atteint 22,3 milliards de francs en 2021 et devraient franchir le cap des 24 milliards en 2022. «Malgré l’inflation, les incertitudes géopolitiques et les coûts élevés de l’énergie, nous sommes confiants», a récemment déclaré Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération de l’industrie horlogère (FH), au quotidien Bieler Tagblatt.

Les montres de luxe sont devenues des objets d’investissement très prisés partout dans le monde. Certains modèles des marques les plus prestigieuses se vendent à des prix exorbitants sur le marché secondaire. Et il n’est pas certain que la bulle éclate de sitôt: avec plus de 10 millions de millionnaires recensés sur la planète, les montres de luxe «Swiss made» produites chaque année restent moins nombreuses que les personnes qui ont les moyens de se les offrir.

Les nouvelles sont également réjouissantes pour les producteurs de garde-temps d’entrée de gamme. Après une chute constante ces vingt dernières années, le nombre de montres vendues moins de 500 CHF pièce retrouve en effet une certaine stabilité. On le doit notamment au lancement de la «Moonswatch», une version abordable (environ 250 CHF) de la Speedmaster Moonswatch d’Omega commercialisée par Swatch depuis ce printemps. Les spécialistes s’attendent à ce que Swatch écoule plus d’un million de ses modèles en céramique l’an prochain.

6) Les multinationales face aux pressions éthiques et environnementales

Alors que l’attention portée aux questions dites ESG (environnementales, sociales et de gouvernance) est toujours plus grande, les multinationales basées en Suisse seront plus que jamais sous pression pour répondre aux accusations d’écoblanchiment dont elles font l’objet.

En 2023, les plus grandes entreprises helvétiques publieront leurs premiers rapports en réponse à une nouvelle loi sur les entreprises responsables qui, selon beaucoup d’observateurs, ne va pas assez loin dans la lutte contre les violations des droits humains et environnementaux.

Les grandes entreprises resteront sur la défensive quant à leur décision d’opérer dans des pays tels que la Russie et la Chine, où elles sont confrontées à un dilemme entre leurs priorités commerciales et les valeurs qu’elles affichent publiquement. Alors que de nombreuses entreprises suisses se sont retirées de Russie depuis le début de la guerre en Ukraine, certaines multinationales, notamment dans le secteur des matières premières, ont plus de mal à se défaire de leurs liens avec le pays.

7) L’industrie pharmaceutique veut régler la question européenne

Le secteur pharmaceutique suisse, considéré comme l’un des plus innovants au monde, va être confronté à des questions de plus en plus nombreuses sur le prix des nouvelles thérapies, notamment contre le cancer, et sur la manière dont les systèmes de santé, déjà mis à mal par la pandémie, vont les financer.

En tant que principal moteur de l’industrie d’exportation suisse, l’industrie pharmaceutique et biotechnologique espère également que 2023 marquera un nouveau départ plus harmonieux dans les relations entre la Suisse et l’Union européenne, après la mise à mort de l’accord-cadre par le Conseil fédéral.

Parmi les questions clés à résoudre figurent la libre circulation des personnes et les collaborations scientifiques telles que le programme Horizon Europe, qui sont toutes deux essentielles au maintien de la position de la Suisse comme pôle pharmaceutique majeur.

Texte relu et vérifié par Reto Gysi

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