Agir ensemble contre le harcèlement sexuel et sexiste
En 2024, le Rectorat de la HES-SO a commandé une enquête sur le harcèlement sexuel et sexiste, à laquelle près de 42’000 personnes ont été invitées à répondre. Une nouvelle enquête sera menée en 2027 pour mesurer l’impact des mesures prises.
En 2024, le Rectorat de la HES-SO a mené une enquête d’envergure pour mieux appréhender le harcèlement sexuel et sexiste au sein de l’établissement. Près de 42’000 personnes – étudiantes, étudiants, membres du personnel et vacataires – ont été conviées à remplir un questionnaire.
Les résultats ont révélé des faits alarmants. La HES-SO, à l’instar du reste de la société, est touchée par ce fléau : plus d’un quart des participants ont été victimes de propos sexistes durant les douze mois précédents l’étude. Des situations plus graves, telles que des agressions sexuelles et des viols, sont également signalées. Ces actes sont inacceptables.
Face à cette réalité, le Rectorat de la HES-SO a affirmé sa position : tolérance zéro. Aucun acte de harcèlement sexuel ou sexiste ne sera minimisé, excusé ou ignoré. Chacune et chacun a le droit d’étudier, de travailler et de s’épanouir dans des environnements respectueux et sûrs.
**Des mesures concrètes**
Cet engagement va au-delà d’une simple déclaration. À partir de la rentrée académique 2025, la HES-SO mettra en place un ensemble d’actions concrètes dans chaque haute école :
– Une information claire et renforcée sera accessible sur le site internet du Rectorat et dans chaque haute école, afin d’indiquer les points de contact en cas de besoin.
– Un renforcement de l’offre de formation pour toutes les personnes susceptibles de recueillir la parole des victimes, des cibles, des témoins ou des auteurs de harcèlement.
– Une collaboration étroite avec les associations étudiantes pour identifier les besoins des étudiants, relayer les messages de prévention, détecter les situations problématiques et soutenir les personnes concernées.
– Une campagne de sensibilisation organisée lors de la rentrée d’automne pour rappeler les principes, les attentes et les dispositifs en place au sein de la HES-SO et des hautes écoles.
– Des campagnes de sensibilisation sur les réseaux sociaux, dans les bâtiments ou à travers des événements participatifs, pour toucher l’ensemble de la communauté étudiante, notamment les nouveaux étudiants.
**Libérer la parole, écouter, accompagner, agir**
Chaque haute école de la HES-SO dispose d’un dispositif dédié à la gestion des situations de harcèlement sexuel et sexiste, accessible à toute personne concernée, qu’elle soit étudiante ou membre du personnel. Ces dispositifs sont présents pour écouter, accompagner et orienter avec bienveillance et compétence.
Exprimer ses expériences peut être difficile. La crainte de ne pas être pris au sérieux, l’angoisse face aux conséquences ou le doute sur son propre vécu sont des sentiments fréquents et légitimes. Parler demande du courage. C’est pourquoi les hautes écoles s’engagent à accueillir chaque parole avec sérieux et considération, à respecter les demandes et à offrir un accompagnement dans un cadre sûr et protecteur.
Toutes les démarches sont menées dans la discrétion et le respect de l’anonymat et de la sécurité des personnes concernées. Cette nécessaire réserve peut parfois donner l’impression que rien n’est fait ; toutefois, chaque plainte ou signalement est suivi et peut donner lieu à des mesures concrètes.
**Une responsabilité collective**
La lutte contre le harcèlement sexuel et sexiste est un engagement collectif qui nous concerne toutes et tous, à tous les niveaux, peu importe le rôle. Témoigner, intervenir, relayer des informations, faire preuve d’attention, questionner certains comportements : chacun peut agir. Ce sont des actions simples, des mots justes et des attentions sincères qui, ensemble, nous permettront de progresser collectivement pour instaurer des environnements d’études et de travail plus sûrs.
Nous continuerons d’avancer, de nous remettre en question et d’améliorer nos dispositifs. Une nouvelle enquête sera réalisée en 2027 pour évaluer l’impact des mesures prises. Ce chemin demandera du temps, mais il est indispensable. C’est ensemble que nous pouvons construire une HES-SO plus sûre, plus respectueuse et plus juste.
C’est notre responsabilité. Et c’est notre engagement.
**Luciana Vaccaro**
Rectrice de la HES-SO

