Thomas Detry: « L’US Open m’a beaucoup appris »

Après plusieurs semaines intensives, Thomas Detry s’est mis hors-circuit durant quinze jours. « J’avais besoin de souffler un peu et de revenir sur Bruxelles voir la famille. Je reprendrai la compétition à la fin du mois à l’occasion de l’Open de Chypre » confie-t-il. En l’espace d’un mois, le jeune champion bruxellois a enchaîné quatre tournois sur le PGA Tour et l’European Tour : l’US Open, le Puntacana Corales Championship, l’Open d’Ecosse et la PGA de Wentworth. « Le bilan est plutôt bon. J’ai chaque fois passé le cut. Mais, c’est vrai, secrètement, j’espérais un peu mieux. En fait, sur chaque épreuve, j’ai connu une mauvaise journée. A ce niveau, ça ne pardonne pas ! »

Il associe ces petites défaillances à une forme de fatigue mentale. « Avec le recul, j’aurais peut-être dû ne jouer que trois de ces quatre tournois pour ne pas accumuler la fatigue. Mais c’est le métier qui rentre… »

Et il se veut d’ailleurs positif pour la suite. « ’J’ai beaucoup appris, notamment lors de l’US Open. C’était le premier Grand Chelem de ma carrière. Comme prévu, le parcours était d’une rare difficulté. Mais j’ai bien joué durant trois jours et je crois avoir prouvé que j’avais ma place parmi les meilleurs. Malheureusement, lors du quatrième tour, j’ai eu un passage à vide durant cinq ou six trous qui m’a fait perdre de nombreuses places. C’est dans la gestion de ces moments difficiles que je dois encore progresser. Les meilleurs joueurs du monde parviennent à mieux limiter la casse quand rien ne va. Ils font preuve de patience et rien ne semble les toucher. C’est ce qui fait leur force.»

Il prend l’exemple de l’Américain Dustin Johnson, numéro un mondial, avec qui il a partagé 18 trous sur le parcours new-yorkais du Winged Foot GC. « Il n’était pas dans un grand jour. Il commettait pas mal d’erreurs. Et malgré cela il a rendu une carte de 72 grâce à une bonne maîtrise de ses émotions et à une routine très pointue. Il est patient et a une énorme confiance en ses moyens. Il dégage une incroyable force tranquille. A l’arrivée, il a d’ailleurs fini le tournoi dans le Top 10. »

Detry pourrait faire appel à une préparateur mental pour progresser dans ce secteur-clé. Mais, pour l’heure, il n’en ressent pas le besoin. Il préfère accumuler de l’expérience et débriefer ensuite avec ses deux coachs historiques, Jérôme Theunis et Michel Vanmeerbeek.

Actuellement classé à la 81è place du ranking mondial et la 13e de la Race to Dubai (la hiérarchie de l’année sur l’European Tour), le Bruxellois aura encore l’occasion de grimper quelques marches d’ici la fin 2020, notamment lors du bouquet final de l’exercice, toujours programmé aux Émirats en décembre. « Il est difficile d’y voir clair pour le moment sur le calendrier. J’avoue d’ailleurs que l’ambiance sur le Tour est un peu pesante. Les voyages sont très compliqués, les joueurs doivent subir de nombreux tests PCR lors de chaque tournoi, ne peuvent manger à table qu’avec leur caddie, ne peuvent pas sortir de l’hôtel. Ce n’est pas l’atmosphère rêvée. Mais bon, on s’adapte. En espérant que tout redevienne normal le plus vite possible. »