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Tennis : « Une farce », l’affrontement Sabalenka-Kyrgios a échoué

La rencontre exhibition entre Aryna Sabalenka et Nick Kyrgios, qui a eu lieu dimanche à Dubaï, s’est soldée par la victoire de Kyrgios en deux sets (6-3, 6-3). Diverses réactions dans la presse soulignent que cet événement, critiqué pour son caractère « malaisant » et « décourageant », a suscité des avis négatifs sur la portée symbolique du tennis féminin.


Le remake de la « bataille des sexes » n’a pas passionné les foules, et c’est un euphémisme. L’exhibition qui a eu lieu dimanche à Dubaï entre Aryna Sabalenka et Nick Kyrgios, présentée comme un événement commémoratif 52 ans après celle qui avait vu s’affronter l’Américain Bobby Riggs et les deux meilleures joueuses de l’époque, Margaret Court Smith puis Billie Jean King, a donné lieu à un moment malaisant, et surtout peu flatteur pour le tennis féminin. Ce n’était sans doute pas l’intention initiale.

L’organisation de cette rencontre, avec d’un côté la joueuse qui domine le circuit féminin depuis deux ans et de l’autre un joueur semi-retraité blessé et classé au-delà de la 650e place mondiale, sur un terrain dont les dimensions n’étaient pas équivalentes des deux côtés du filet, a suscité de nombreux interrogations. La réalisation de cet événement a confirmé les doutes.

Kyrgios a battu la numéro 1 mondiale en deux sets (6-3, 6-3) sans fournir d’effort excessif ni frapper très fort, laissant planer un doute sur la raison de cette situation, que ce soit en raison de la taille réduite du terrain ou pour d’autres raisons. L’impression générale était en tout cas un peu humiliante pour Sabalenka, comme l’a souligné Alizé Cornet sur RMC : « J’aimerais bien poser la question à Aryna Sabalenka, pourquoi est-ce qu’elle a accepté ces règles-là ? Pourquoi elle a accepté de réduire le terrain ? Elle peut quand même jouer sur un terrain normal contre Nick Kyrgios. On sait très bien que les filles et les garçons, au plus haut niveau, on peut jouer ensemble du fond de court. »

Les réactions internationales ont été similaires. Le Guardian a décrit le match comme « décourageant, oscillant entre exhibition, gadget et pur cirque », affirmant que la comparaison avec l’événement de 1973 était infondée. Pour les femmes, cet événement avait été l’occasion de revendiquer leur valeur alors que leur circuit professionnel se structurerait, et la victoire de King sur Riggs, qui avait d’abord dominé Court Smith, avait eu un certain impact.

« Les réactions sur les réseaux sociaux après la victoire de Kyrgios suggèrent que ce dernier match a eu l’effet inverse. Les misogynes et les incels étaient ravis. Les puristes du tennis étaient consternés », a poursuivi le quotidien britannique.

En Australie, le Sydney Morning Herald a qualifié ce show de « maladroit, gênant et coûteux ». La même opinion a été partagée par les Espagnols de Marca, qui y ont ajouté le terme « superficiel ». La tristesse de l’ambiance à la Coca-Cola Arena de Dubaï n’a pas permis de relever l’événement, malgré la présence de quelques célébrités comme le Brésilien Ronaldo. « Même les applaudissements semblaient forcés et, à la fin, chacun semblait soulagé que ce soit terminé », a estimé ABC News.

« C’était le scénario que redoutaient le tennis féminin et le sport en général : une défaite pour la meilleure joueuse du monde face à un adversaire qui n’a disputé que sept matchs en trois ans, jouant avec une intensité limitée et peinant à gérer son énergie après moins d’une demi-heure », a écrit de son côté The Athletic, qui a conclu que cette rencontre n’était finalement « qu’une farce ». Pas mieux.