Seb Ogier en partance chez Toyota, Citroën se retire du WRC immédiatement

Une belle claque pour la marque française et pour le WRC

La rumeur circulait depuis le Rallye d’Espagne. On vous l’avait annoncé déjà hier avec certitude. Ce n’est donc pas une grande surprise d’avoir appris ce mercredi matin la confirmation du transfert de Sébastien Ogier de Citroën à Toyota.

« Suite à la décision de Sébastien Ogier de quitter la marque et vu l’absence de pilote de pointe disponible, Citroën a décidé de quitter le WRC, » a communiqué le constructeur français.

Revenu un an dans l’équipe où il avait débuté, le sextuple champion du monde n’a jamais trouvé une C3 au volant de laquelle il se sentait à l’aise. Vainqueur malgré tout à trois reprises, lors de la manche d’ouverture à Monte-Carlo puis au Mexique et en Turquie, le Gapençais s’est souvent plaint de sa monture, particulièrement sur l’asphalte.

Aurait-il quitté les « Chevrons » si une place ne s’était pas libérée chez Toyota (on attend leur confirmation officielle) suite au départ surprise du champion en titre Ott Tanak ? Sans doute pas. Mais après une panne hydraulique scellant dès la 2e spéciale en Espagne ses ultimes chances de conserver sa couronne, sa décision a été prise. Même avant certainement. Car sinon comment son épouse, journaliste de surcroit, aurait-elle osé injurier sur les réseaux sociaux « Shitroën Racing », une équipe indigne de son champion de mari selon ses propos haineux.

La perte de Loeb puis d’Ogier en un an

Dès ce gros dérapage, il était devenu difficile de réenclencher la marche arrière. Pierre Budar a bien tenté de rattraper le coup, de convaincre Seb Ogier d’honorer son contrat de deux ans. Mais malgré un nouveau kit aérodynamique spectaculaire développé par Oreca et un programme intensif d’essais, le pilote français a considéré que ses chances de décrocher un 7e et ultime titre pour sa dernière année en WRC (il a annoncé et confirmé à maintes reprises que 2020 serait sa dernière saison mondiale) seraient plus grandes au volant d’une Yaris victorieuse à six reprises cette année avec Ott Tanak.

Ogier a donc plaqué Citroën. Une sacrée gifle pour le constructeur français qui, un an auparavant, n’avait pas hésité à remercier son emblématique champion Sébastien Loeb. On peut donc écrire que Citroën a complètement loupé sa sortie et s’en va par la très petite porte.

Car oui, alors que Jean-Marc Finot, le patron de PSA, déclarait encore il y a moins d’une semaine que Citroën ne s’impliquerait plus en WRC à partir de 2022 mais que l’intention était bien de rester l’an prochain, coup de théâtre, la marque française a annoncé ce matin son retrait immédiat d’un Championnat du Monde des rallyes dans lequel l’usine de Velizy est active depuis 2001. Logique vu que sans aucun des trois pilotes dominant le WRC, elle avait encore moins de chances de s’imposer.

La fin d’une belle histoire marquée par neuf titres de champions du monde avec Sébastien Loeb. Un coup dur également pour le WRC qui se retrouve avec seulement deux constructeurs (Hyundai et Toyota) et une équipe privée (M-Sport) dans la catégorie de pointe.

Lappi chez Ford, Evans avec Toyota ?

Une très mauvaise nouvelle aussi pour le jeune Esapekka Lappi qui avait décidé de quitter Toyota fin 2018 pour miser sur le futur avec Citroën. Bien mal lui en a pris. Grâce au dédit pour rupture de contrat, le jeune Finlandais devrait vite rebondir chez M-Sport aux côtés de son compatriote Teemu Suninen, Elfyn Evans état lui aussi en négociations avec Toyota. Il a déjà il est vrai été habitué à passer les plats à Ogier.

Pas bon pour Neuville

Enfin, le changement d’écurie de Seb Ogier ne doit pas non plus faire plaisir à Thierry Neuville. S’il pourra désormais affronter Ott Tanak à armes égales chez Hyundai, les deux hommes risquent d’avoir nettement plus dur de battre la paire Toyota-Ogier que Citroën-Ogier. La preuve que le Français a certainement fait le meilleur choix pour lui. Et tant pis pour Citroën, pas à la hauteur de ses espérances cette année…