SportTunisie

Sabri Lamouchi, nouveau sélectionneur : le meilleur choix ?

Sabri Lamouchi est le successeur de Sami Trabelsi en tant que sélectionneur national de la Tunisie. Il a accepté un salaire d’environ 25.000 euros nets, et son passé avec l’équipe nationale ne lui a pas toujours accordé la confiance de tous.

La Presse — Le nouveau sélectionneur national sera tunisien, comme l’a affirmé le ministre des Sports, et cette décision a été bien reçue. Sabri Lamouchi prend la relève de Sami Trabelsi, un choix qui surprend et n’était pas anticipé. Beaucoup pensaient que ce « Tunisien » serait l’un des entraîneurs actifs dans le championnat, familiers du football tunisien, comme Benzarti, Châabani, Kanzari ou Kouki, mais c’est finalement Lamouchi qui a été choisi.

C’est donc un coup de destin pour cet individu d’origine tunisienne, mais dont le vécu est différent. Il devait représenter la Tunisie avant la célèbre CAN 1994, mais il est resté sur le banc des remplaçants lors d’un match amical mémorable où Zouaoui ne l’a pas fait jouer une seule minute. Ce reste un mystère parmi d’autres dans l’échec de la CAN 1994.

Des années plus tard, lorsque l’on a voulu le récupérer (après son échec à s’imposer dans l’équipe de France sous les sélections de Jacquet et Lemerre), les règlements de la FIFA étaient plus stricts à l’époque concernant le changement de nationalité sportive. Lamouchi n’était donc pas très présent dans le football tunisien et se considérait davantage comme un joueur français que tunisien, comme il l’a lui-même affirmé un jour.

On retient de lui une belle carrière et ses qualités de joueur de haut niveau, ayant joué à Auxerre (durant son âge d’or sous la direction de Guy Roux), à Parme ou à l’Inter. Cependant, en tant qu’entraîneur, Lamouchi n’a pas laissé une forte impression dans les clubs qu’il a dirigés. Son passage en Côte d’Ivoire, où il était à la tête d’une équipe de stars sans rien gagner et où il n’a pas réussi à progresser lors de la CAN, en dit long sur ses capacités d’entraîneur.

Ses dernières expériences d’entraîneur se sont faites avec de petits clubs du Golfe. On ne sait pas si ce choix a été mûrement réfléchi, ni si l’on a pris le temps nécessaire pour trouver le candidat idéal. Comparé aux noms qui circulaient, tels que Haise, Quiros, Sagnol ou Saintfiet, Lamouchi apparaît moins prestigieux. Lui qui a aspiré depuis des années à conduire l’équipe nationale voit enfin son rêve se réaliser.

La coupe du monde constituera un véritable test pour Lamouchi, qui a accepté un salaire raisonnable (environ 25 000 euros nets) et qui est conscient que son passé avec l’équipe nationale ne l’aide pas à gagner la confiance de tous. Sera-t-il capable de convaincre ses joueurs et ses employeurs de sa valeur ? Il a tout intérêt à le faire. Tout est possible.